DE LOUIS XIV. LIV. XXXV. m
la France de l’infidélité de ceux qui Pavoient abandonnée. Ce Généralse surpassa lui-même cette Campagne; jamais il n’avoit été plus actif & 1574.plus entreprenant; jamais il n’avoit montré tant d’habileté. Depuis lemois de mars qu’il l’avoit commencée, jufqu’à la fin de janvier de l’annéesuivante où il la finit, ce fût une suite continuelle d’exploits tous plusíurprenans & plus incroyables les uns que les autres ; & il semblaque cette multitude de Princes qui s’étoient assemblés contre lui .ne Pavoient fait que pour porter fa gloire au plus haut point où ellepouvoit aller.
Apre's que Montécuculli lui eût échappé l’année dernière par Pin- Habileté dufidélité de PEvêque de Wirtsbourg, il repassa le Rhin & prit ses quar- Vicomte detiers d’hiver dans la Vallée de Neustat. L’Electeur Palatin pour son Turenne *malheur, & encore plus pour celui de ses peuples, aïant traité avec PEm-pereur & s’étant engagé à lui remettre Gertnersheim, le Vicomte deTurenne eût ordre de s’emparer de cette Place. II le fit au commence-ment de mars. Quelques jours après il eût été trop-tard. Le GénéralCaprara avec les troupes du Cercle de Saxe & quelques Régimens de cava-lerie & d’infanterie del’Empereur, marchoit pour s’en mettre en posses-sion; l’aïant trouvée occupée, il prit ses quartiers aux environs de Manheim.
Le Duc de Navailles commençoit dès-lors à attaquer la Franche- Qujncy, tom.Comté ; le vieux Duc de Lorraine avoit ramassé deux ou trois mille ^chevaux pour aller la secourir ; le Vicomte par la sagesse de ses mou- 4 Tfagf^.vemens lui ferma les passages & le contraignit d’aller prendre un si longdétour, que Besançon étoit pris & Dole fur le point de se rendre lorí-qu’il eût passé le Rhin à Rhinberg. II retourna sur ses pas & joignitau Fort de Kell Caprara, qui étoit sorti de ses quartiers pour venir au-devant de lui. ils tentèrent inutilement le passage fur le pont de Stras-bourg. Cette Ville fût alors fidèle aux engagemens qu’elle avoit prisavec la France. Le refus de ce passage les obligea de marcher entreHeidelberg & Philipsbourg, où le Duc de Bournonville devoit les join-dre avec le reste des troupes Impériales.
Ces deux Généraux n’avoient que dix ou douze mille hommes. L’Ar- Turmm,mée Françoise n’étoit pas plus forte & ne pouvoit de long-tems espérer tom - 2 - 2 a &de renfort, parce que les principales forces du Roïaume dévoient être oc-cupées en Flandre, où les Hollandois & les Espagnols se prépayaient àfaire les derniers efforts. Le Vicomte résolut de les attaquer avant l’ar-rivée du Duc de Bournonville. Tout consistoit dans une marche dili-gente. II donna ordre à Philipsbourg de construire un pont de bateaux& de tenir prêt à son passage certain nombre de troupes. 11 rassemblases troupes auprès de Saverne , sous prétexte d’en faire la revûë ; il par-tit le douze de juin avec toute fa cavalerie & quinze cens hommes d’infan-terie , il arriva le quatorze auprès de Philipsbourg ; il passa le Rhin furle pont de bateaux & prit quatre Régimens d’infanterie, deux Régimensde cavalerie & un Régiment de Dragons qui avoient campé fur la con-trescarpe afin d’être en état de le suivre a son passage.
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