.( Jô )
des hommes nen-moins méchans, mais plus raies, ont póftiêíes autres à les respecter comme des Oracles ; à s’atcri-huer comme Ministres de Dieu la revision des consciences -, àcalculer le mal moral, 8c tirer un tarif de toutes les actionsplus ou moins damnables pour les purger par l'ofliande,en inventant de petites pratiques superstitieuses à tel Saintou telle Sainte pour sauver les apparences ; à établir unnombre prodigieux de fêtes où le Peuple imbécille perdson rems & son argent, sens que rien de tout cela le ren-de plus religieux ni plus propre aux devoirs de la Société ;mais qui j au contraire , en le remplissant de petites idéesde Dévotion, de préjugés bizarres Sc injurieux à la Provi-dence Eternelle , l’éloígtïe de tous les grands principes quî,font adorer Dieu 8c aimer le prochain.
C’est à l’Efprit philosophique', qu’il appartient d’ahatreÏEdifice honteux de la superstition élevé par l’interêr Mo-nastique , dont la Puissance s’oppose atout Gouvernementfondé sur la Nature , 8c sur le plus grand bien des Peudpies. Mais s’il est à souhaiter que la Philosophie' s’étende'4c porte son flambeau fur tous les préjugés qui dégradentf humanité, n’a-t-on pas à craindre auffi qu’en tranchantïef abus, elle n’abuse elle même de son autorité ? C’estcn quoi la circonspection du Législateur doit paroitre avectout le poids de la sagesse 8c de la prudence. Souvent endétruisent une erreur, on a cru mettre la vérité à se place ,tnais ce n’étoit que son phantòme. La Philosophie peutavoir son fanatisme ainsi que la superstition , 8c d’autant plusdangereux , en ce qu’il raisonne, & que l’autre ne raisonnepoint. J’en dis aflëz, ce me semble > pour faire compren-dre , que l’abus de la Philosophie, est tout auffî condamnablegué la Superstition,