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Tome second.
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Mme. la princesse Palatine, abbesse deMaubuisson , parut peu de temps aprèscelui de M. deRancé, abbé de la Trappe,&. fit beaucoup de bruit. Comme D.Mége y établit plusieurs maximes dif-férentes de cet abbé, on l'accusa derelâchement. L’abbesse de Maubuissonne voulut pas voir ce livre , parce•qu’elle honoroit particulièrement M.l’abbé de la Trappe, qui y étoit atta-qué. ,M. Bossuet', évêque de Meaux,son ami intime, prit feu, & se plaignitau P. général du commentaire de D.Mége. Comme les supérieurs des mo-nastères de France n’y étoient pointtraités avec un certain ménagement,ils se déclarèrent contre Fauteur. Le P.général , pour les satisfaire , pria DomClaude Martin de lire, retoucher ÔCcorriger cet ouvrage, après quoi onen feroit une seconde édition, & l’onsupprimeroit la premiere. Dom Mar-tin travailla en effet , mais le P. Mé-ge , qui étoit protégé du général, nevoulut pas déférer à ses corrections ,& le commentaire resta tel qu’il étoit.Cependant M. Pévêque de Meaux con-tinuoit à demander satisfaction pourl’abbé de la Trappe, réfuté dans celivre. Pour appaiíer le prélat, la dièteannuelle de 1689, fit un règlement,

• dont on lui donna copie le premierjour d’Août. Par ce règlement, le com-mentaire du pere Mége est proscrit, &la lecture en est interdite.

L’auteur a mis à la tête de ce livreun avertissement de 46 pages, où iltraite des loix & des réglés en géné-ral , de leur nature & de leur origine.» La premiere de toutes les réglés mo-» nastiques, dit-il, est celle que St.»-Marc avoit apprise des apôtres , (k« qu’il donna aux premiers solitaires

Tome II,

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» qui vivotent fous fa conduite. ; car» Nicéphore dit expressément que ce» saint évangéliste donna aux moines» d’Alexandrie les réglés de la vie íb-' » litaire : Chriflianorum monachorum h-» ges dedijfe foUtanœ vit ce. Et ces réglés» n’étoient autre chose que la maniéré» de vivre, que l’église de Jérusalem» avoit embrassée & observée dans son» commencement, & que St. Luc ex-» prime si bien dans le second & le qua-rt trieme chapitre des actes. C’est en-" core cette rogle que St. Augustin pra-» tiqua après fa conversion, tk qu’il» fit pratiquer à ses disciples : car Pof-» sidius l’appelle une règle établie fous» les saints apôtres : Régulant Jithsanclis» apojlolis confiitutam. Et il est clair,>» dit St. Jérôme, que les fidèles qui» composaient la premiere église chrá-» tienne, étoient ce que les moines de-» firent & s’efforcent d’être à pré-,» sent «.

Le pere Mége descend aux réglésmonastiques qui surent écrites au 4.■stecle &í aux suivants. Elles font aunombre de vingt-neuf: il donne l’ana-lyse &c une juste idée de chacune. 11observe que St. Benoit les avoit luespour la plupart, & s’en étoit servipour composer la-sienne, qui est itneabrégé de tout ce qu’il y a de plus saint& de plus parfait. Parlant de la régléde St. Céfaire , pour les religieuses dumonastère de la ville d’Arles, il ditqu’il y en eut en même temps plus dedeux cent, qui vivoient dans une ré-gularité exacte, & gardoient la clôtureperpétuelle. » Elles ne mangeoient» point de chair, si elles n’étoient bien» malades. Leur habit étoit blanc, &» leur coëffùre ne pouvoit être que» d’une certaine hauteur marquée par

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