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Tome second.
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entre la prière & les exercices de îa viemonastique, entre l’étude & le soin despauvres &c la pratique de toutes sortesde bonnes œuvres. II ne voyoit riend impossible , lorsqu’il étoit question derendre service au prochain. Les person-nes touchées de Dieu trouvoient en luiun guide éclairé, qui, par les routes lesplus sûres, les conduisoit à la perfec-tion de leur état. Jamais personne n’aporté à un plus haut degré l’amour pourles pauvres & les affligés : il étoit à lafois leur pere , leur ami, leur protec-teur. Ces sentiments de tendresse ne sebornoient pas à une compassion stérile :il trouvoit dans une charité ingénieusemille moyens de les secourir : tout cequ’il tiroit de ses livres étoitfidellementemployé à cet usage. Mais comme cettefoible ressource lui manquoit souvent,alors il metíoit à contribution ses supé-rieurs , ses amis, & la bourse des riches.Les personnes auxquellesil s’adressoit,ont avoué plus d’une fois qu’elles nepouvoient résister à ses pressantes sol-licitations.

Les personnes qui réclamoient soncrédit auprès des magistrats ,.1’ont tou-jours vu disposé à les servir de toute dé-tendue de ses forces. II se livroit alorsà des discussions épineuses : il étudioitl’affaire qui lui étoit recommandée ; &îorsqu’il en avoit reconnu la justice, ilTépousoit comme la sienne propre : ilen devenoit le solliciteur. II en dévelop-poit les moyens & les faisoit valoir au-près des juges avec tant de netteté, deforce & de justesse, qu'il gagnoit pres-que toutes les causes , dont il se char-geoitpar un principe de charité. II avoitencore le talent heureux de concilierles intérêts, de terminer les différends& de pacifier les familles. Un piété ten-

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dre, solide, éclairée, étoit l’ame de sesactions.

L’étude, qui, pour la plupart deshommes, n’est qu’un amusement, étoitpour Dom Rivet une occupation sé-rieuse , consacrée par la religion, & en-noblie par des vues chrétiennes. Dèsqu’il eut fait choix de ce genre de tra-vail , & qu’il Peut fait adopter par sessupérieurs, il l’envisagea comme sondevoir le plus essentiel après celui de sonétat de religieux. Un avare n’est pasplus jaloux de son trésor que Dom Ri-vet l’étoit de son temps. 11 en ménageoittous les moments avec une sage écono-mie , & ceux qu’il ne pouvoit refuserà la charité, ou à des affaires indispen-sables , il savoit les reprendre sur sonsommeil, ou sur ses heures de reposque la réglé accorde au délassement del’esprit &c du corps.

Ces travaux continués avec une ap-plication constante joints à une vie aus-tère , affoiblissoient peu à peu une santénaturellement foible & délicate. DomRivet n’en étoit pas moins exact à rem-plir jufqu’aux plus légeres pratiques defa congrégation. Ses supérieurs & sesamis atlarmés , s’efforcerent en vain delui persuader qu’il devoit, en faveurde son ouvrage, relâcher quelque chosede ses austérités : doux, complaisantsur tout le reste, il étoit inflexible surcet article. Vivement pénétré del’éten-due des obligations de son état, il cruttoujours que dans l’ordre des devoirs,ceux-ci méritoient la préférence, II fal-lut l’abandonner à son zele, qui détrui-sit bientôt un corps déjà usé par la pé-nitence & par le travail.

Un gros rhume dont il fut attaquévers la fin de l’année 1748, le força deprendre une chambre à feu ; c’est le seul.