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piété & les excellentes qualités de sonesprit lui avoient concilié l’estime despersonnes les plus illustres & les plussaintes de son temps.
La reine régente, Anne d’Autriche, leregardait comme un homme d’une ver-tu éminente. Sa majesté ctant en retraiteau Val-de-Grâce, il eut l’honneur dePalier voir. La reine en témoigna soncontentement à l’abbesse , & lui ditqu’elle venait de voir un saint. M. deChâteau Neuf, garde des sceaux, étaitsi persuadé de sa probité & de la puretéde ses intentions , qu’il ne pouvait rienlui refuser. M. Molé, premier présidentdu parlement de Paris, avait des senti-ments extraordinaires de fa vertu ; ill’aimoit tendrement , & s’intéressoit sivivement à fa conservation , qu’ayantappris qu’il étoit dangereusement maladede la pierre à Saint-Denys , il s’y trans-porta en diligence, pour le voir & l’em-pêcher de s’exposer à l’opération, quilui aurait causé la mort. Le cardinal deRichelieu avait conçu une si bonne opi-nion de sa prudence & de sa probité ,
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qu’il i’avoit fait entrer dans son con-seil de conscience. Le fameux pere Jo-seph le consultait souvent sur des ma-tières spirituelles. Le savant & pieuxcardinal de la Rochefoucault disait qu»'si Dom Tarisse n’étoit pas saint, il n’enconnaissait aucun dans le monde. M. deCospéan, évêque de Lisieux , disait quece religieux imitait & honorait, autantqu’il est permis à la faiblesse humaine,l’esprit de la vie cachée de J. C. M.Alain de Solminiac, évêque de Cahors,félicitait la congrégation d’avoir unchef d’un mérite si distingué. L’évêquede Senlis admirait jusqu’à quel dégréla vertu d’humilité régnait dans Ioncœur. Le pere Gondrin , général del’oratoire , voulut le prendre pour sondirecteur : le saint instituteur supérieurdes prêtres de la mission, M. Dartis (a),célébré professeur en droit canon , &:plusieurs autres hommes distingués parleur science &, leur piété , avaient laplus haute idée de ses lumières & de sonrare mérite.
A ces témoignages ajoutons celui du
(a) Ce savant homme, intime ami du P, Tarisse, déclara lui avoir vu faire deux miracles,& des actions d’une éminente vertu. Ce fait est rapporté par Dom Martene , au premier tomede son histoire de la congrégation. M. Dartis , né à Cahors , étudiant la philosophie àRhodez,se lia d’une étroite amitié avec Dcm Tarilîe. II se retira avec lui à Ceiïènon, où ils étudièrentensemble pendant trois ans. « Tarisse ayant un procès au parlement de Toulouse pour son» prieuré de Ceffenon, stt venir Dartis à Toulouse, où celui-ci continua ses études de droit,« & y prit ie bonnet de docteur en droit & en théologie. Il y fit connoissance avec le prési-»! dent de V erdun, qu’il iuivit à Paris, quand il fut nommé premier-président du parlement») séant en cette capitale. Dartis ayant disputé la chaire d’antécesseur, vacante par la démission« de Nicolas Oudìn , y fin reçu l’an 1618, & succéda cinq ans après à Hugues Guion dans la»! chaire royale de droit canon. Après la mort du président de Verdun, arrivée en 1627,» Dartis se donna tout entier à la composition , & publia presque tous les ans quelque ou-" vrage..... II mourut le 21 Avril 1631, & laissa Jean Doujat pour successeur dans ces deux» chaires. II légua par son testament vingt mille livres à la faculté de droit de Paris, fit quelques3) autres legs à ses amis, & laissa le relie de ses biens aux religieux de la congrégation de St.3i Maur. Ils eurent aussi ses écrits , qui sont conservés dans la bibliothèque de Samt-Germain-des-» Près «. Dupin, 17. fiecle, tom. II, pag. 238.