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Tome troisième.
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des arts lui fut donc offerte; mais sonhumilité lui dérobant, pour ainsi dire,à lui-même des talents que tout leinonde voyoit, lui fit prendre le partide les cacher dans l'obfcurité du cloî-tre ; Sc tandis qu’on fe préparoit à l’ins-taller avec applaudissement dans cettechaire, il partit secrètement de Caenpour í’abbaye de Lyre, au diocèsed’Evreux, où étoit alors le noviciat.On lui donna l’habit religieux , Sc sati-née expirée, il y prononça ses vœuxle 7 du mois d’Aout 1672, âgé deii ans.

11 pensoit, en professant la vie reli-gieuse , fe soustraire à une étude aussipénible que celle d’instruire Sc Rensei-gner la jeunesse. Déjà il s’étoit forméun plan d’études particulières, qui, su-bordonnées aux observances de sonétat, dévoient faire le bonheur de favie; mais en vain. On apperçut bien-tôt dans la congrégation les mêmes ta-lents que l’université de Caen avoit re-connus en lui. Ses cours de philosophie& de théologie étant finis, il lui fallutfaire, par obéissance, ce qu’il avoit re-fusé par humilité. A peine eut- il été pro-mu au sacerdoce, qu’on l’envoya aucollege de Tiron , où, par les mêmessentiments d’humilité, il demanda àcommencer fa longue carrière par en-seigner la sixième ; ce qui lui fut ac-cordé. Mais après avoir conduit sesécoliers de classe en classe successive-ment jusqu’en rhétorique , il ne lui futplus permis de rétrograder.

C’est de cette chaire qu’il a rempliependant 43 ans , qu’il a formé plusieursgrands hommes, qui ont brillé, Sc dansl’églife Sc dans le barreau. Le célébréM. Cochin, ce Cicéron de notre sié-cle , fe faisoit honneur d’avoir été son

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disciple : il ne faisoit pas même diffi-culté de dire que s’il avoit quelqueéloquence, il la tenoit des préceptesde ce grand maître, qu’il n’a cessé derespecter jusqu’à la mort. La réputa-tion du pere Vaullegeard devenoit dejour en jour plus célébré : elle attiroitau college de Tiron des écoliers desprincipales villes Sc provinces du royau-me , de Paris, de Lyon , de Rouen , deFlandre , de Picardie, Sc de Londresmême. On a entendu dire plus d’unefois au fameux pere Jouvency , jésuite,qu’il ne connoissoit que trois person-nes en France qui possédassent parfaite-ment la langue latine, le pere de laRue, D. Vaullegeard & lui-même.

Notre professeur Bénédictin avoitcomposé d’excellents ouvrages ; un»grande rhétorique faite avec beaucoupde soin ; l’histoire de France en vershexamètres, que quelqu’un s’avifa defaire imprimer à son insu, mais qu’ildésavoua ; & comme il en fut informéde bonne heure, il réussit à en retirertous les exemplaires. On a égalementadmiré plusieurs tragédies de fa com-position , qu’on prétend que les Cor-neilles Sc les Racine auroient trouvéesdignes de leur approbation- Les sujetsen étoient presque tous tirés de l’Ecri-ture sainte. Pendant Iong-temps on s’é-toit flatté que £)om Vaullegeard céde-roit aux instances de íes amis qui l’a-voient souvent prié de mettre au jource qu’il avoit composé ; mais par unehumilité dommageable à la républiquedes lettres, il le jetta lui-même au feuquelque temps avant fa mort. Les pie-ces fugitives que quelques-uns de sesécoliers ont conservées de mémoire,font regretter la perte des ouvragesentiers.

Dont