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Tome troisième.
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nóis, ne fut pas seulement un saint per-sonnage, mais encore l’un des plus sa-vants hommes du 14. siecle. Avant dese dévouer sans réserve au service del’Etre suprême, à la contemplation ôíà la pénitence, il s’étoit attaché à ïé~rude de la philosophie, l’avoit mêmeenseigné publiquement, & passoit pourun maître habile & subtil. Aux con-noissances philosophiques il joignoitcelles du rhéteur, avec les grâces ôí lepathétique de l’orateur. Un jour qu’ilse préparoit à expliquer une questiondifficile , au moment qu’il demandoitl’attention à ses écoliers , tout à coupil devint aveugle. En cette extrémité,il eut recours à l’interceffion de la sainteVierge, recouvra la vue, fit vœu deservir Dieu sous ses auspices, & de

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quitter le monde. Pour acquitter fa pro-mest'e, la premiere fois qu’il remontaen fa chaire de philosophie, au lieu deparler de sciences profanes &C disputa-trices à ses éleves & à l’auditoire nom-breux qu’il avoit convoqué à dessein,il ne les entretint que des choies cé-lestes , seules essentielles, permanentes,dignes de notre attention, &. leur fitun discours si énergique, si plein dubeau vrai conduit jufqu’au cœur, furle mépris des frêles existences de cebas monde, & fur le bonheur de l’éter-nité , que plusieurs de ses auditeurs enfurent vivement touchés, 8c résolu-rent de changer de vie. De ce nombrefurent Ambroise Picolomini, & Patri-cio- Patrici, tous deux sénateurs deSienne, avec lesquels il se retira, en

que Ton garderoit le meilleur vin, Sc que l’on vendroit le plus mauvais : que l’abbé n’auroitpoint de vin particulier ; qu’il y meuroit de l’eau auffi - bien que ses religieux, 8c que quandon seroit obligé d’acheter du vin, on acheteroit toujours le meilleur : Meliora vina pro mona-chorum usu serventur , pejora vendantur. Abbas uno eodernque vino bine aqua diluto utatur cumfuis monachis , neque ei liceat feorsum aliquod vini dolium pro fe tantum fervare. Si vinum. ernen-dum erit , ematur illud quod melius erit. Leur silence les faifoit admirer de tout le monde ; ils- necouchoient que fur des paillasses étendues fur le plancher 8c fans couverture ; leurs habits-n’étoient que d’etoffes groslieres, 8c, selon Morigia, ils portoient des sandales de bois. Au-jourd’hui ces pratiques austères font bien mitigées par leurs constitutions. Ils fe levent la nuitpour dire matines; ils jeûnent pendant l’automne, les Lundis, les Mercredis 8c les Vendredis,aulîi-bien que les Samedis pendant toute Tannée, à cause que leur ordre est fous la protectionde la S te. Vierge. Ils mangent de la viande trois fois la semaine, 8c ils ne reçoivent parmi euxque des personnes nobles.

L’ordre est gouverné par un général qui a pour assistant un vicaire général 8c six visi-teurs , pour répondre aux six provinces. Ils s'assemblent tous les ans , 8c forment le défini-toire, où on délibéré des affaires de la congrégation , 8c où on élit les supérieurs des mai-sons , 8c les autres officiers. Les monastères font gouvernés par des íùpérieurs qui prennentle titre d’abbés, qii’ils conservent toute leur vie, quoiqu’ils ne soient plus supérieurs. Etantsupérieurs ils peuvent fe servir d’ornements pontificaux, quoiqu’ils ne reçoivent pas la béné-diction abbatiale. Le général a toujours avec Jui un chancelier 8c un secrétaire qui lui fontdonnés par le définitoire. 11 doit faire fa visite dans tout Tordre une fois pendant Ion triennal,& tous les ans par deux commissaires.

Cet ordre a produit plusieurs personnes recommandables par la sainteté de leur vie, par lesgrandes dignités auxquelles ils ont été élevés, 8c par leurs écrits en tout genre, comme osta pu voir dans le corps de l’o u vrage.