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Tome quatrième.
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C E R

rtiaitis Dom Gerberon. A quoi le prieurrépondit que Dom Gerberon étoit partidès le grand matin. L’exempt très-mé-content reprit la lettre de cachet & dressason procès-verbal, dans lequel il char-gea beaucoup le prieur, & avança plu-sieurs choses contraires à la vérité. Lep'ere prieur en fit dresser un autre pardeux notaires , pour constater son in-nocence & son obéissance aux ordres duroi. Le lendemain Dom Gerberon ap-prit ce qui étoit arrivé à Corbie par leprocureur de l’abbaye , qui vint àAmiens, & lui donna cent écus. Les amisdu fugitif firent apporter des habits sé-culiers , pour qu’il quittât les siens ;mais il ne put s’y résoudre. Le 17 ilpartit d’Amiens, & arriva le 20 à Bruxel-les , oii il alla trouver le pere Gabrielisdu tiers - ordre , religieux très-estimé ,à qui il exposa son état. Le pere Gabrie-lis lé conduisit chez la baronne de Steen-puis , qui le reçut avec bonté , & il ydemeura quelques semaines.

M. de Néercassel, évêque de Casto -rie , vicaire apostolique, ayant apprisque Dom Gerberon étoit à Bruxelles,lui fit dire d’aller en Hollande. II pritalors des habits séculiers, & vers lemois de Mars il s’embarqua à Anvers,& arriva à Delft, où il alla chez M.Van-Erkel, un des pasteurs du Bégui-nage. M. Arnauld lui fit l’nonneur del’aller voir austi-tôt qu’il fut arrivé,& eut la bonté de le loger dans la mai-son voisine , où il étoit retiré & incon-nu. II y demeura jusque vers Pâque avecM. de Vaucel, & prit le nom d’AugustinKergré, qu’il porta pendant tout sonséjour dans les Pays-bas. M. l’évêque

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de Castorie se donna la peine de le ve-nir trouver , & on délibéra si on luidonneroit une église. Et comme l’onremarqua que si on lui en donnoit uneà gouverner, tous les autres mission-naires voudroient savoir qui il étoit :M. de Castorie lui donna tout pouvoird’administrer les sacrements &c d’aiderles pasteurs qui auroient besoin de lui.Vers Pâque il alla au-delà de Leyden ,chez M. Van-Erkel, qui étoit pasteurd’un beau village. Un abbé , prince d»St. Empire , offrit à Dom Gerberon (a)une retraite dans son abbaye.

En France son évasion eut des suitestrès-fâcheuses pour la congrégation deSaint-Maur. L’exempt, chargé de l’ar-rêter, étant de retour à Paris fit degrandes plaintes au ministre de la ma-niéré dont le prieur de Corbie avoirreçu les ordres du roi, & lui présentason procès-verbal, où les choses étoientextrêmement exagérées. Le ministre ir-rité au-delà de tout ce qu’on peut dire,envoya ordre à Dom Benoit Brachet,vicaire général de la congrégation , dele venir trouver. Ce premier supérieurétant incommodé lui envoya D. LouisBoudan pour recevoir ses ordres & luifaire ses excuses. Le pere s’étant pré-senté devant M. de Seignelay , ce mi-nistre lui dit que depuis les barricadesde Paris on n’avoit point vu de déso-béissance pareille à celle du prieur deCorbie.

Austi-tôt le même exempt avec lesieur de la Bernardiere, brigadier pourles dehors de Paris, reçurent ordre dese transporter à Corbie avec cinq dra-gons pour enlever le pere prieur Sc l’a-

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(<j) Voyei la lettre 361 de M. Arnauld, tom. V,