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Tome quatrième.
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homme extrêmement laborieux j on em-ploya beaucoup de temps à en faireí’examen , & l’on n’y découvrit rienqui put servir de fondement à la moin-dre accusation. Dans le cours de cetteinformation, les trois conjurés fe voyanten présence d’un commissaire du roi,vomirent tout le venin qu’ils avoientcontre les supérieurs. 11s les accusèrentd’être des tyrans, qui dominoient im-pitoyablement fur leurs freres. ïls di-rent que les supérieurs étant les seulsqui faisoient les élections, se perpé-tuoient dans les premieres charges ;qu’ils n’avoient aucun égard aux bonssujets; qu’il y avoit des biens immen-

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ses dans la congrégation, & firent d'ati-tres semblables accusations, qui fe trou-vèrent fausses, par l’examen qu’on enfit dans la fuite par (<*) ordre du roi. Unde ceux fur les dispositions de qui l’onavoit fait le plus de fond, étoit un cer-tain frere Charles Carette, moine dé-réglé , que ses supérieurs n’avoient pasjugé digne de recevoir la prêtrise, &Cqui étoit devenu ennemi mortel de D.Gerberon, qui le reprenoit de ses dé-sordres. II couronna, dans la fuite , fatrahison , en abandonnant sa congré-gation pour se retirer chez les protes-tants , où il apostasia.

Outre l’information dont nous ve-

(--) En conséquence des plaintes portées devant l’intendant d’Amiens par les trois religieuxmécontents au sujet des grandes richesses de la congrégation, la cour demanda au pere généralun état des revenus de tous les monastères en particulier , de leurs dettes, de leurs charges & dunombre des religieux. On présenta à M. de Seignelay les états des monastères, que chaquevisiteur avoit apportés à la diète. Le ministre les donna à examiner à M. de la Reynie , lieute-nant-général de police. On donna ordre en même temps aux intendants des provinces de fetransporter dans les principaux monastères de leurs départements, de se faire représenter lescomptes de chaque maison , & d’en envoyer en cour un état. On remit à M. de la Reynie tousces comptes. On mit austi entre ses mains les réglés particulières des cellériers & des dépositaires,avec les modelés de leurs régistres £k des comptes. II admira l’ordre qui s’obiervoit dans l’ad-ministration du temporel de la congrégation, & dit qu’il seroit à souhaiter que le bien de l’étatsut administré de cette même maniéré. II trouva que dans ces trésors immenses de la congrégationil n’y avoit pour chaque religieux que quatre cent trente-sept livres & quelques fols, fur quoiil falloit prendre les frais pour les malades, l’entretien de la sacristie , de la bibliothèque, ladépense des hôtes , des voyages & du vestiaire.

L? magistrat sit son rapport au roi & à M. de Seignelay, & ils reconnurent qu’il s’en falloitbien que la congrégation ne fut aussi riche qu’on avoit voulu leur persuader. Ainsi cet examenque les ennemis de la congrégation avoient procuré dans le dessein de la perdre, désabusa leroi & toute la cour des préventions qu’on leur avoit données fur les richesses immenses des Bé-nédictins de Saint-Maur. C’est de quoi M. de la Reynie assura le R. ï 3 . Dom Claude Martinla derniere fois qu’il le vit. Mais ce sage supérieur en prit occasion de lui témoigner avecdouleur qu’il étoit bien dur à la congrégation de Saint-Maur de se voir traitée comme ellel’avoit été , pour satisfaire la passion de trois ou quatre brouillons, & que c’étoit une choseinouïe dans l’histoire que l’on eût fait rendre à tout un ordre un compte aussi févere. Lemagistrat lui répondit que Dieu en avoit tiré fa gloire, & la congrégation son avantage, &qu’aujourd’hui tout le public étoit désabusé.

Les trois religieux conjurés dont nous avons parlé, s’étoient encore plaints du gouvernement& des constitutions de la congrégation. Le roi les fit examiner avec tout le foin possible. Ellesfurent louées & approuvées dans tout leur contenu. Ainsi Dieu confondit la malice des fauxfreres qui vouloient détruire la congrégation.