G U A
fftus aux rapides progrès qu’ìl y fît,’c’est le bonheur qu’il eut d’être conduitdans cette étude par l’homme de sonsiécle , qui entendoit le mieux les lan-gues savantes ( a), Si qui avoit le plusde talent pour enseigner. Nous voulonsparler de Dom Pouget, connu dans larépublique des lettres par les analectesGrecques, qu’il a composées de concertavec Dom Jacques Lopin 8i Dom Ber-nard de Montfaucon , Si par le premiertome des oeuvres de St. Jérôme, qu’ila donné au public conjointement avecDom Jean Martianay. Guidé par unmaître íì habile , Dom Guarin se trouvaen état, au bout de deux ans, de donnerlui-même des leçons de la grammaireHébraïque Sc Chaldéenne, Si il fut jugédigne de remplacer Dom Pouget dansles fonctions d’eiiseigner les langues auxreligieux de fa congrégation. II s’en ac-quitta avec tant de zele Si de succès,qu’il forma plusieurs savants disciples,qui sont devenus à leur tour les sou-tiens des bonnes études dans leur ordre,& sc sont trouvés remplis de toutes lesconnoissances nécessaires pour conti-nuer l’important ouvrage que leur maî-tre, en mourant, laiffoit imparfait.Ceuxd’entre ses disciples qui se sont le plusdistingués, sont Dom le Tournois,Dom Mopinot, Dom de la Rue , DomThuillier Si Dom Martin Bouquet. Tousont rendu ce témoignage à leur maître,qu’il les animoit à l’étude des langues,non-seulement par la clarté de fa mé-thode Sc par les soins qu’il prenoit deleur en applanir les difficultés, mais en-core par la dignité avec laquelle il s’aç-quittoit de son emploi, leur imprimant
G U A 10s
à tous urt sentiment de respect Si d'a-mour qui les attachoit à sa personne.
Ce fut lorsqu’il enseignoit à Reims Ìqu’il conçut le dessein de composer unegrammaire Hébraïque Si Chaldéenne ,plus ample, plus facile Si plus parfaiteque celles qui avoient paru jusqu’alors.Pour l’exécution de ce projet, les supé-rieurs le firent venir à Saint-Germain-des-Prés, oìi il fut bibliothécaire. 11 em-ploya à la lecture des livres , Hébreux *Chaldéens , Syriens Si Arabes , letemps qui lui restoit après s’être acquittédes excercices de la communauté. II eutla consolation de voir sa grammaire im-primée Si rendue publique. Mais l’im-preffion du premier volume de son dic-tionnaire n’étoit pas encore achevée,lorsqu’il mourut dans l’abbaye de Saint-Germain, le 2,9 Décembre 1719. Lamort de ce savant homme causa beau-coup de regret aux amateurs de la lit-térature sacrée.
Ses Outrages.
1. Dom Guarin publia, en 1717, Tffprojet de sa grammaire Hébraïque, qu’ilespérois bientôt faire imprimer sous cetitre : Grammatica Hebraìca ex optimìs ,quce ufque prodieruni , co Lit cl a , ac in ufummonachorum or Unis sanclì Btncdicli , icongregatione Sancîi Mauri potijjîmumelaborata, L’auteur , après avoir exposéle plan de son ouvrage, prie les savantsen langue Hébraïque de lui communi-quer leurs lumières Si leurs réflexionsfur ce sujet.
2. En 1722 , il donna au public unnouveau plan de sa grammaire , Si an-
(<*) Journal des savants , Mars 1746, pag. 164, 165.Jome IV.
O