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Tome quatrième.
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L À M

nécessité absolue de Pincarnation , sup-posé le péché. Le P. Lami termine l’ou-vrage en prouvant par S. Augustin lanécessité d’un ordre essentiel , éternel6c immuable.

Jugement des ouvrages & du caractère duP. Lami .

Dom François Lami, dit M. Dupin ,devint » par son application excellent» philosophe, écrivain sublime & poli,» homme judicieux, Sc savant dans la» connaissance du cœur de Phomme.» Les livres qu’il a donnés au public,« font le fruit de ses méditations «.Sa grande réputation l’engagea dans uncommerce de lettres avec les savants,tant de France que des pays étrangers.II feroit à souhaiter qu’on eût recueilli& conservé toutes ses lettres, dont plu-sieurs étoient des dissertations fur diffé-rents sujets. 11 excellait dans le styleépistolaire, qu’il assaisonnait d’un tourd’esprit, naturel, poli Sc aisé. Dès fajeunesse il avoit puisé les principes dela vérité dans St. Augustin. II l’étudiatoujours,& ce fatdans cet incomparabledocteur qu’il prit Pesprit de système &■de principes que M. Nicole remarquaitdans fes ouvrages. Le grand Arnauld,<pii ne se rendait qu’à la vérité bienconnue, ne fit point difficulté <favouerque le P. Lami Pavait détrompé sur unpassage important de St. Augustin , qu’ilavoit mal entendu juíqu’alors. Cet aveuparaît dans une belle lettre non impri-mée de M. Arnauld à D. Lami, danslaquelle le célébré docteur témoignePestime qu’il faisoit du savoir de notreBénédictin. D. Thomas Blampin, dansson édition de S, Augustin , le consultasouvent sur les endroits difficiles de cepere de Pcglise,

Tome IVn

L A M m?

Le P. Lami brilîoit, fur-tout, dans ladispute. On Pa vu aux prises avec lesplus beaux esprits de son temps , quiavouèrent qu’il avoit un talent de par-ler fur le champ , contre lequel ils nepouvoient tenir. Madame la princessede Guise, duchesse d’Alençon , voulutavoir le plaisir de le voir aux mains avecle célébré abbé de líancé , réformateurde la Trappe. Elle lui fit l’honneur dePy mener, & voulut être présente à ladispute de ces deux grands hommes ,au sujet des études monastiques. Mal-gré son penchant pour l’abbé de laTrappe , elle ne put refuser le prix dela victoire au P. Lami. íl enleva aussile suffrage de Madame la princesse Chris-tine de Salm , chanoinesse de Remire-mont, qui assista à cette conférence.Cette princesse , dont Pesprit étoit vif,solide Sc éclairé,déclara depuis qu’ellene comprenait pas comment M. de laTrappe voulait faire un procès auxmoines fur leurs études , qui ont étéd’un si grand secours à Péglife.

Ce n’étoit pas seulement par les qua-lités de Pesprit que le P. Lami étoit es-timable. II Pétait encore plus par cellesdu cœur. Une charité compatissantepour les personnes qui souffraient, fai-soit son caractère. II ver soi t dans leurscœurs les sentiments les plus tendresde consolation, Sc en prenait pour luitoute Pamertume. C’est ainsi que parfes paroles Sc par fes lettres il a tran-quillisé un grand nombre de personnesplongées dans la douleur. Son amitiésincere Sc généreuse Pattachoit encoreplus intimement à fes amis , lorfqu’i! lesvoyait plus malheureux Sc abandon-nés de tout le monde. 11 s’expofoit àtout , lorfqu’il s’agissoit de prendreleurs intérêts , quand ils étoient justes.

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