LA HENItlADE.
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On craint fous cet habit un funefte myftère,
Il fubit fans alarme un examen févère;
Il fatisfait à tout avec fimplicité;
Chacun dans fes difcours croit voir la vérité.
La garde aux yeux' du roi le fait enfin paraître.
L’aspect du fouverain n’étonna point ce traître.D’un air humble et tranquille il fléchit les genoux :
Il obferve à loifir la place de fes coups ;
Et le menfonge adroit, qui conduirait fa langue,
Lui dicta cependant fa perfide harangue.
Souffrez, dit - il, grand Roi, que ma timide voixS’adrefle au Dieu puiffant qui fait régner les rois ;Permettez, avant tout, que mon cœur le béniffeDes biens que va fur vous répandre fa juftice.
Le vertueux Potier, (10) le prudent Villeroi,
Parmi vos ennemis vous ont gardé leur foi;
Harlai, ( n ) le grand Harlai, dont l’intrépide zèleFut toujours formidable à ce peuple infidèle,
Du fond de fa prtfon réunit tous les cœurs,
Raffemble vos fujets et confond les ligueurs.
Dieu qui, bravant toujours les puiffans et les fages,Par la main la plus faible accomplit fes ouvrages,Devant le grand Harlai lui-même m’a conduit.
Rempli de fa lumière, et par fa bouche inftruit,
J’ai volé vers mon prince, et vous rends cette lettreQu’à mes fidelles mains Harlai vient de remettre.
Valois reçoit la lettre avec empreflement.
Il bénilfait les cieux d’un fi prompt changement :