Band 
Tome troisième
JPEG-Download
 

PE ZULIME.

107

A T I D E.

J’y viens mettre le comble, ainfi qu’à nos mifères ;Toutes deux en ces lieux nous fqjjunes prifonnièpes. •Kamire eft dans les fers.

ZULIME,

Lui !

A T 1 D E.

Tout couvert de eoup^,

Et baigné dans fon fang, qu'il prodiguait pour veus ;Preilé de tous côtés, et las de fe défendre ,

A fes cruels vainqueurs il a fallu fe rendre :

Plus mourante que lui, j’ignore encor fon fort :

Jdélas ! et je ne fais s’il vit ou s’il eft mort.

ZULIME.

* S’il eft mort, je fais trop fe parti qu’il faut prendre, •

A T I D E.

S’il eft encor vivant, vous pourriez le défendre ;

* Il n’eut jamais que vous et le oiel pour appui.

* Eh! n’eft-ce pas à vous d’avoir pitié de lui?

* Quelques amis encore, échappés au. carnage,

Sont avec vos foldats fur ce fanglant rivage,

* Vous êtes mal gardée, on peut les réunir.

ZULIME.

Pouvez-vous bien douter que j’ofe le feryir ?

A T I D E,

Madame , en me parlant quel front trifte et févèreAvec tant de pitié marque tant de colère ?

Vous aviez condamné vos jaloufes erreurs.

Eh ! qui peut contre moi vous irriter ? —

ZULIME.

Vos pleurs»

* Votre attendriffement, votre excès de courage ,

* Votre crainte pour lui, vos yeux, votre langage,

* Vos charmes, mes malheurs , et mes traufports jaloux;

* Tout m’irrite , cruelle , et m’arme contre vous,

* Vous avez mérité que Ramire vous aime ;

* Vous me forcez enfin d’immoler pour vous-même,