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Tome troisième
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M E R 0 P

Le préfent, l’avenir, et jufqu’à ta naiffance,

Tout ton être, en un mot, eft dans ma dépendance.Je puis au plus haut rang d’un feul mot t’élever,

Te laiffer dans les fers, te perdre ou te fauver.

Elevé loin des cours, et fans expérience,

Laide-moi gouverner ta farouche imprudence.

Crois-moi, n’affecte point, dans ton fort abattu,

Cet orgueil dangereux que tu prends pour vertu :

Si dans un rang obfcur le deftin t’a fait naître,Conforme à ton état, fois humble avec ton maître.

Si le hafard heureux t’a fait naître d’un roi,

Rends-toi digne de l’être, en fervant près de moi.Une reine en ces lieux te donne un grand exemple;Elle a fubi mes lois, et marche vers le temple.

Suis fes pas et les miens, viens aux pieds de l’autelMe jurer à genoux un hommage éternel.

Puifque tu crains les dieux , attelle leur puiffance,Prends-les tous à témoin de ton obéiffance.

La porte des grandeurs ell ouverte pour toi.

Un refus te perdra, choifis , et réponds-moi.

E G I S T H E.

Tu me vois défarmé, comment puis-je répondre?

Tes difcours, je l’avoue, ont de quoi me confondre;Mais rends-moi feulement ce glaive que tu crains,Ce fer que ta prudence écarte de mes mains :

Je répondrai pour lors, et tu pourras connaîtreQui de nous deux, perfide, eft l’efclave ou le maître;Si c’eft à Polyphonte à régler mes deftins ,

Et fi le fils des rois punit les afiaffins.

POLYPIIONTE.

Faible et fier ennemi, ma bonté t’encourage:

Tu me crois allez grand pour oublier l’outrage,