SUR LA TRAGEDIE.
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vôtre dans la déclamation naturelle ; elle eft pluslanguiifante; elle ne permet jamais que les fcènesaient leur jufte étendue ; elle exige des dialoguescourts en petites maximes - coupées, dont chacuneproduit une efpèce de chanfon.
Que ceux qui font au fait de la vraie littératuredes autres nations, et qui ne bornent pas leur fcienceaux airs de nos ballets , fongent à cette admirablefcène dans la Clemenza di Tito, entre Titus et fonfavori, qui a confpiré contre lui; je veux parler decette fcène où Titus dit à Sejïus ces paroles :
Siam foli , il tuo Sovrano
Non è prefente; apri il tuo cuore a Tito,
Confida ti ali’ amico; io ti promettoQu’Augujlo no’l faprà.
a» ’ils relifent le monologue fuivant, où Titus dit cesautres paroles, qui doivent être l’éternelle leçon detous les rois, et le charme de tous les hommes,
■ j . . .Il torre’ altrui la vita
E facoltà communeAl più vil délia terra ; il darla è foloDe numi, e de’ régnanti.
Ces deux fcènes comparables à tout ce que laGrèce a eu de plus beau, fi elles ne font pasfupé-rieures ; ces deux fcènes dignes de Corneille quandil n’effc pas déclamateur, et de Racine quand il n’eftpas faible ; ces deux fcènes, qui ne font pas fondéesfur un,amour d’opéra, mais fur les nobles fentimensdu cœur humain,ont une durée trois fois plus longue