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DISSERTATION
au moins que les fcènes les plus étendues de noîtragédies en mufique.Depareils morceaux neferaientpas fupportés fur notre théâtre lyrique, qui ne fefoutient guère que par des maximes de galanterie,'et par des pallions manquées, à l’exception d ’Armide,et de belles fcènes $ Iphigénie , ouvrages plus admi-rables qu’imités.
Parmi nos défauts nous avons, comme vous , dansnos opéra les plus tragiques une infinité d’airs déta-chés, mais qui font plus défectueux que les vôtres,parce qu’ils font moins liés au fujet. Les paroles yfontprefque toujours alfervies aux muficiens, qui,ne pouvant exprimer dans leurs petites chanfons lestermes mâles et énergiques de notre langue, exigentdes paroles efféminées , oifives , vagues, étrangères àl’action, etajuftées comme on peut à de petits airsmefurés, femblablesk ceux qu’on appelle à VenifeBarcarole. Quel rapport, par exemple, entre Thcfc'e,reconnu par fon père furie point d’être emprifonnépar lui, et ces ridicules paroles :
Le plus fage
S’enflamme ec s’engage r
Sans favoir comment.
Malgré ces défauts, j’ofe encore penfer que nosbonnes tragédies-opéra, telles qu’Atis, Armide,Théfée, étaient ce qui pouvait donner parmi nousquelque idée du théâtre d’Athènes , parce que ces tra-gédies font chantées comme celles des Grecs ; parceque le chœur, tout vicieux qu’on l’a rendu, tout fadepanégyrifte qu’on l’a fait de la morale amoureufe,