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Tome troisième
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reffemble pourtant à celui des Grecs, en ce qu’iloccupe fouvent la fcène. Il ne dit pas ce qu’il doitdire, il n’enfeigne pas la vertu , et regat iratos , et ametpeccarc timentes; mais enfin il faut avouer que la formedes tragédies-opéra nous retrace la forme de la tra-gédie grecque à quelques égards. Il m’a donc paru engénéral, en confultant les gens de lettres qui con-naiffent l’antiquité , que ces tragédies-opéra font lacopie et la ruine de la tragédie d’Athènes . Elles enfont la copie , en ce qu’elles admettent la mélopée ,les chœurs, les machines, les divinités : elles en fontla deftruction, parce qu’elles ont accoutumé lesjeunes gens à fe connaître en fons plus qu’en efprit, àpréférer leurs oreilles à leur ame , les roulades à despenfées fublimes, à faire valoir quelquefois les ouvra-ges les plus infipides et les plus mal écrits, quandils font foutenus par quelques airs qui nous plaifent.Mais, malgré tous ces défauts , l’enchantement quiréfulte de ce mélange heureux de fcènes , de chœurs,de danfes, de fymphonies , et de cette variété dedécorations , fubjugue jufqu’au critique même ; etlameilleure comédie,la meilleure tragédie, n’eftjamaisfréquentée par les mêmes perfonnes auffi afîidu-ment qu’un opéra médiocre. Les beautés régulières,nobles , févères , ne font pas les plus recherchées parle vulgaire : fi on repréfente une ou deux fois Cinna,on joue trois mois les Fêtes Vénitiennes : unpoëmatépique eft moins lu quedes épigrammes licencieufes:un petit roman fera mieux débité que l’hiftoire dupréfidentde Thon. Peu de particuliers font travaillerde grands peintres ; mais on fe difpute des figureseftropiées qui viennent de la Chine , et des ornemens