S E II I R A I I S.
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Ailleurs on nous envie, ici nous gémifTons,
Pour les faibles humains quelles hautes leçons !Que par- tout le bonheur eft mêlé d’amêrtume !Qu’un trouble auffi cruel m’agite et me confirme !Privé de ce mortel, dont les yeux éclairésAuraient conduit mes pas à la cour égarés,Accufant le deftin qui m’a ravi mon père,
En proie aux pallions d’un âge téméraire,
A mes vœux orgueilleux fans guide abandonné,De quels écueils nouveaux je marche environné!
J’ai pleuré comme vous ce vieillard vénérable ;Phradate m’était cher, et fa perte m’accable :
Hélas! Ninus l’aimait, il lui donna fon fils;
Ninias, notre efpoir, à fes mains fut remis.
Un même jour ravit et le fils et le père;
11 s’impofa dès-lors un exil volontaire;
Mais enfin fon exil a fait votre grandeur.
Elevé près de lui dans les champs de l’honneur,Vous avez à l’empire ajouté des provinces ;
Et placé par la gloire au rang des plus grands princes,Vous êtes devenu l’ouvrage de vos mains.
A R Z A G E.
Je ne fais en ces lieux quels feront mes deftins.
Aux plaines d’Ârbazan quelques fuccès peut-être,Quelques travaux heureux m’ont allez fait connaître;Et quand Sémiramis, aux rives de l’Oxus ,
Vint impofer des lois à cent peuples vaincus,
Elle laiffa tomber de fon char de victoire
Sur mon front jeune encore un rayon de fa gloire :
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