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SE MIRA MIS.
Les mânes de Ninus et les dieux outragésOnt élevé leurs voix, et ne font point vengés.
A R 2 A C E.
Jugez de quelle horreur j’ai dû fentir l’atteinte.Ici même, et du fond de cette augufte enceinte,D’affreux gémiffepiens font vers moi parvenus,
O R O E S.
Çes accens de la mort font la voix de Ninus ,
A R Z A C E.
Deux fois, à mon oreille ils fe font fait entendre.
O R O E S,
Ils demandent vengeance,
A R Z A c E.
fl a droit de l’attendre;
Mais de qui^
O R O E s.
Les cruels, dont les coupables mainsDu plus jufte des rois ont privé les humains,
Ont de leur trahifon caché la trame impie;
Dans la nuit de la tombe elle eft enfevelie.Aifément des mortels ils ont féduit les yeux; (4)Mais on ne peut tromper l’œil vigilant des dieux;Des plus obfçurs complots il perce les abymes.
A R Z A Ç E.
Ah! fi ma faible main pouvait punir ces crimes!Je ne fais; mais l’afpect de ce fatal tombeauDans mes fens étonnés porte un trouble nouveau.Ne puis-je y confulter ce roi qu’on y révère 1 ?
O R O E S.
Non, le ciel le défend ; un oracle févèreNous interdit l’accès de ce féjour de pleurs,Habité par la mort et par des dieux vengeurs,