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Tome troisième
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S E M I R A M I S.

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Cette voix- qu’aujourd’hui le ciel même fécondé,

Me preffait de donner des fouverains au monde ;

Si quelqu’un put prétendre au nom de mon époux,Cet honneur, je le fais, n’appartenait qu’à vous.Vous deviez l’efpérer; mais vous pûtes connaîtreCombien Sémiramis craignait d’avoir un maître.

Je vous fis, fans former un lien fi fatal,

Le fécond de la terre, et non pas mon égal.

C’était affez, Seigneur, et j’ai l’orgueil de croireQue ce rang aurait pu fuffire à votre gloire.

Le ciel me parle enfin, j'obéis à fa voix ;

Ecoutez fon oracle, et recevez mes lois.

Babylone doit prendre une face nouvelle,

Quand d’un fécond hymen allumant le flambeau,

Mère trop malheureufe, èpoufe trop cruelle,

Tu calmeras Ninus au fond de fon tombeau.

C’eft ainfi que des dieux l’ordre éternel s’explique.

Je connais vos deffeins et votre politique ;

Vous voulez dans l’Etat vous former un parti,

Vous m’oppofez le fang dont vous êtes forti.

De vous et d’Azéma mon fuccelfeur peut naître ;

Vous briguez cet hymen, elle y prétend peut-être.Mais moi, je ne veux pas que mes droits et les fiens,Enfemble confondus, s’arment contre les miens:

Telle eft ma volonté, confiante, irrévocable.

C’eft à vous de juger fi le dieu qui m’accableA laiffé quelque force à mes fens interdits,

Si vous reconnaiffez encor Sémiramis ,

Si je puis foutenir la majefté du trône.

Je vais donner, Seigneur, un maître à Babylone .Mais foit qu’un fi grand choix honore un autre ou vous,Je ferai fouveraine, en prenant un époux.

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