ACTE QUATRIEME
4°5
A Z E M A.
Ninias, jufte Ciel! Eh quoi, Sémirarais....
A R Z A C E.
Jufqu’à ce jour trompée, elle a pleuré fon fils,
A Z E M A.
Ninias eft vivant !
A R Z A C E.
C’eft un fecret encore,
Renfermé dans le temple, et que la reine ignore.
A Z E M A.
Mais Ninus te couronne, et fa veuve eft à toi.
A R Z A C E.
Mais fon fils eft à vous : mais fon fils eft mon roi ;Mais je dois le fervir. Quel oracle funefte !
A Z E M A.
L’amour parle, il fuffit; que m’importe le refte ?
Ses ordres plus certains n’ont point d’obfcurité ;
Voilà mon feul oracle, il doit être écouté.
Ninias eft vivant ! Hé bien, qu’il reparaiffe ;
Que fa mère à mes yeux atteftant fa promeffe ,
Que fon père avec lui rappelé du tombeau,Rejoignent ces liens formés dans mon berceau ;
Que Ninias mon roi, ton rival et ton maître,
Ait pour moi tout l’amour que tu me dois peut-être.Viens voir tout cet amour devant toi confondu,
Vois fouler à mes pieds le fceptre qui m’eft dû.
Où donc eft Ninias? quel fecret, quel myftèreLe dérobe à ma vue, et le cache à fa mère ?
Qu’il revienne , en un mot ; lui, ni Sémiramis ,
Ni ces mânes facrés que l’enfer a vomis,
Ni le renverfement de toute la nature,
Ne pourront de mon ame arracher le parjure..
Ce 3