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ACTE QUATRIEME.^
Il parle, il vous attend ; Ninus eft votre père ;
Vous êtes Ninias, la reine eft votre mère.
A R Z A C E.
De tous ces coups mortels en un moment frappé,Dans la nuit du trépas je refte enveloppé.
Moi, fon fils ? moi ?
O R 0 E S.
Vous-même: en doutez-vous encore?Apprenez que Ninus , à fa dernière aurore,
Sûr qu’un poifon mortel en terminait le cours,
Et que le même crime attentait fur vos jours,
Ou’il attaquait en vous les fources de la vie,
Vous arracha mourant à cette cour impie.
„ Affur comblant fur vous fes crimes inouïs,
Pour époufer la mère, empoifonna le fils.
Il crut que de fes rois exterminant la race ,
Le trône était ouvert à fa perfide audace :
Et lorfque le palais déplorait votre mort, ‘
Le fidèle Phradate eut foin de votre fort.
Ces végétaux puiffans, qu’en Perfe on voit éclore,Bienfaits nés dans fes champs de l’aftre qu’elle adore,Par les foins de Phradate avec art préparés,
Firent fortir la mort de vos flancs déchirés ;
De fon fils qu’il perdit, il vous donna la place;
Vous ne fûtes connu que fous le nom d’Arzace;
Il attendait le jour d'un heureux changement.
Dieu qui juge les rois , en ordonne autrement,
La vérité terrible eft du ciel defcendue,
Et du fein des tombeaux la vengeance eft venue.
A R z A C E,
Dieu , maître des deftins, fuis-je allez éprouvé?
Vous me rendez la mort, dont vous m’avez fauve.