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Tome quatrième
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E PITRE A MADAME

dOedipe , fans même avoir lu celle de Corneille . Jecommençai par meffayer, en traduifant la fameufefcène de Sophocle , qui contient iadouble confidence deJocaJle etd Oedipe. Je la lus à quelques-uns de mesamis qui fréquentaient les fpectacles, et à quelquesacteurs: ils maffurèrent que ce morceau ne pourraitjamais réuffir en France ; ils mexhortèrent à lireCorneille , qui lavait foigneufement évité, et me direnttous que fi je ne mettais , à fon exemple , une intrigueamoureufe dans Oedipe, les comédiens même nepourraient pas fe charger de mon ouvrage. Je lusdonclOedipe de Corneille , qui, fans être mis au rang deCintra et de Folieucte , avait pourtant alors beaucoupde réputation. Javoue que je fus révolté dun boutà lautre ; mais il fallut céder à lexemple et à lamau-vaife coutume. Jintroduilis au milieu de la terreut dece chef-dœuvre de lantiquité, non pas une intriguedamour, lidée men paraiffait trop choquante, maisau moins le reffouvenir dune paffion éteinte : je nerépéterai point ce que jai dit ailleurs fur cefujet.

V. A. S. fe fouvient que jeus lhonneur de lireOedipe devant elle : la fcène de Sophocle ne futaffurémentpas condamnée à ce tribunal ; mais vous ,et M. le cardinal de Polignac, et AI. de Malézieu , ettout ce qui compofait votre cour, vous me blâmâtesuniverfellement, et avec très-grande raifon , davoirprononcé le mot' damour dans un ouvrageSophocle avait fi bien réuflifans ce malheureux orne-ment étranger; et ce qui feul avait fait recevoirma pièce , fut précifément le feul défaut que vouscondamnâtes.

Les comédiens jouèrent à regret lOedipe , dont