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EPITRE A MADAME
comique pour fa voir le fecret d’une jeune perfonneaimée par fes deux enfans ; mais que Maxime , mêmedans la pièce de Cinna, fi remplie de beautés mâleset vraies , ne découvre en lâche une confpirationfi importante, que parce qu’il eft imbécillementamoureux d’une femme dont il devait connaître lapaflion pour Cinna , et qu’on dife pour raifon ,
L’amour rend tout permis,
Un véritable amant ne connaît point d’amis ;
mais qu’un vieux Sertorius aime je ne fais quelleViriate , et qu’il foit affaffiné par Perpcnna , amoureuxde cette efpagnole : tout cela eft petit et puéril, il lefaut ciire hardiment ; et ces petiteffes nous mettraientprodigieufement au-deffous des Athéniens , fi nosgrands maîtres n’avaient racheté ces défauts , quifont de notre nation , par les fublimes beautés quifont uniquement de leur génie.
Une chofe à mon fens affez étrange , c’eft que lesgrands poètes tragiques d’Athènes aient fi fouventtraité des fujets où la nature étale tout ce quelle ade touchant, uneElectre,une Iphigénie,une Mérope,unAlcméon, et que nos grands modernes, négligeantde tels fujets , n’aient prefque traité que l’amour,qui eft fouvent plus propre à la comédie qu’à latragédie. Ils ont cru quelquefois ennoblir cet amourpar la politique ; mais un amour qui n’eft pas furieuxeft froid , etune politique qui n’eft pas une ambitionforcenée eft plus froide encore. Des raifonnemenspolitiques font bons dans Polybe , dans Machiavel ; lagalanterie eft à fa place dans la comédie et dans des