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contes ; mais rien de tout cela n’eft digne du pathé-tique et de la grandeur de la tragédie.
Le goût de la galanterie avait dans la tragédieprévalu au point qu’une grande princeiïe, qui parfon efprit et par fon rang femblait en quelque forteexcufable de croire que tout le monde devait penfercomme elle , imagina qu’un adieu de Titus et deBérénice était un fujet tragique : elle le donna àtraiter aux deux maîtres de la fcène. Aucun des deuxn’avait jamais fait de pièce, dans laquelle l’amourn’eût joué un principal ou un fécond rôle ; mais l’unn’avait jamais parlé au cœur que dans les feulesfcènes du Cid, qu’il avait imitées del’efpagnol ; l’au-tre, toujours élégant et tendre, était éloquent danstous les genres, et favant dans cet art enchanteur detirer de la plus petite fituation les fentimens les plusdélicats : auffi le premier fit de Tito et de Bérénice undes plus mauvais ouvrages qu’on connaiffe au théâtre,l’autre trouva le fecret d’intéreffer pendant cinqactes , fans autre fonds que ces paroles : je vous aime ,et je vous quitte. C’était, à la vérité , une paftoraleentre un empereur, une reine et un roi, et une pafto-rale cent fois moins tragique que les fcènes intéref-fantes du Paftor Fido. Ce fuccès avait perfuadé toutle public et tous les auteurs que Pamour feul devaitêtre à jamais l’ame de toutes les tragédies.
Ce ne fut que dans un âge plus mûr que cet hommeéloquent comprit qu’il était capable de mieux faire,et qu’il fe repentit d’avoir affaibli la fcène par tant dedéclarations d’amour,par tantdefentimensdejaloufieet de coquetterie , plus dignes, comme j’ai déjà oféle dire, de Ménandre que de Sophocle et d’Euripide .