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Le féroce Arminius , ce défenfeur de la Germanie ,protefte qu’il vient lirefinfort dans les yeux d’ifménic ; etvient dans le camp de Vanis pour voir fi les beauxyeux de cette Ifménie daignent lui montrer leur tendrefj'eordinaire. Dans Amafis , qui n’eft autre choie que laIVlérope chargée d’épifodes romanefques, une jeunehéroïne , qui depuis trois jours a vu un momentdans une maifon de campagne un jeune inconnudont elle eft éprife , s’écrie avec bienféance :
C’eft ce même inconnu , pour mon repos , hélas !
Autant qu’il le devait, il ne fe cacha pas;
Et pour quelques momens qu’il s’offrit à ma vue ,
Je le vis , j’en rougis ; mon ame en fut émue.
Dans Athenaïs, un prince de Perle le déguilepour aller voir la maîtrelle à la cour d’un empereurromain. On croit lire enfin les romans de .IVlhe Scudéri ,qui peignait des bourgeois de Paris lous le nom dehéros de l’antiquité.
Pour achever de fortifier la nation dans ce goûtdéteftable, et qui nous rend ridicules aux yeux detous les étrangers lenlés, il arriva, par malheur,que 1VL de Longe-Pierre , très - zélé pour l’antiquité ,mais qui ne connaiiïait pas allez notre théâtre, etqui ne travaillait pas allez les vers, fit reprélenterIon Electre. Il faut avouer qu’elle était dans legoût antique ; une froide et malheureufe intrigue nedéfigurait pas ce fujet terrible ; la pièce était fimpleet fans épifode : voilà ce qui lui valait, avec raifon,la faveur déclarée de tant de perfonnes de la pre-mière confidération , qui efpéraient qu’enfin cettefimplicité précieufe, qui avait fait le mérite des