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Tome quatrième
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O R E S T E.

Quoi.! jai vu Clytemneftre, avec lui conjurée,

Lever fur fon époux fa main trop aflurée !

Et nous fur le tyran nous fufpendons de-s coups,

Que ma mère à mes yeux porta fur fon époux !

O douleur ! ô vengeance ! ô vertu qui manimes ,Pouvez-vous en ces lieux moins que nont pu les crimes ?Nous feules déformais devons nous fecourir :

Craignez - vous de frapper? craignez-vous de mourir?Secondez de vos mains ma main défefpérée ;

Fille de Clytemneftre, et rejeton d'Atrée,

Venez,

I p H I s E.

Ah ! modérez ces tranfports impuiflans ;Commandez, chère Electre, au trouble de vos fens ;Contre nos ennemis nous navons que des larmes:

Qui peut nous féconder? comment trouver des armes?Comment frapper un roi de gardes entouré,

Vigilant, foupconneux , par le crime éclairé ?

Hélas ! à nos regrets najoutons point de craintes ;Tremblez que le tyran nait écouté vos plaintes.ELECTRE.

Je veux quil les écoute ; oui, je veux dans fon cœur (i)Empoifonner fa joie , y porter ma douleur;

Que mes cris jufquau ciel puiffent fe faire entendre;Quils appellent la foudre, et la faffent defeendre;Quils réveillent cent rois indignes de ce nom,

Qui nont ofé venger le fang dAgamemnon .

Je vous pardonne, hélas! cette douleur captive,

Ces faibles fentimens de votre ame craintive :

Il vous ménage au moins. De fon indigne loiLe joug appefanti neft tombé que fur moi.

Vous nêtes point efclave, et dopprobres nourrie;