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VARIANTES
Il veut feul accomplir fes anguftes delïeins,
Pour ce grand facrifice il ne veut que nos mains.Tantôt de trente rois il arme la vengeance,
Tantôt trompant la terre, et frappant en lilence,
Il veut, en fignalant fon pouvoir oublié,
N’armer que la nature et la feule amitié.
o E E s T E.
Avec un tel fecours, Oreftc eft fans alarmes.
Je n’aurai pas befoin de plus puiflantes armes. (*)p Y L A D E.
Prends garde, cher Orefte, à 11e pas t’égarerAu fentier qu’un dieu même a daigné te montrer.
Prends garde à tes fermens, à cet ordre fuprêmeDe cacher ton retour à cette fœur qui t’aime;
Ton repos, ton bonheur, ton règne eft à ce prix.Commande à tes tranfports , diftimule, obéis ;
Il la faut abufer encor plus que fa mère.
p A M M E N E.
Remerciez les dieux de cet ordre févère.
A peine j’ai trompé ces tranfports indiferets:
Déjà portant par-tout fes pleurs et fes regrets,
Appelant à grands cris fon vengeur et fon frère,Accourant fur vos pas dans ce lieu folitaire,
Elle m’interrogeait et me fefait trembler.
La nature en fecret femblait lui révéler,
Par un preflentunent trop tendre et trop funefte,
Que le ciel en fes bras remet fon cher Orefte.
Son cœur, trop plein de vous, ne peut fe contenir,
O R E S T E.
Quelle contrainte, ô Dieux! puis-je la foutenir!p Y l A D E.
Vous balancez! fongez aux menaces terribles
Que vous fefaient ces dieux dont les fecours fenfibles
* Vous ont rendu la vie au milieu du trépas.
* Contre leurs rmlontés fi vous faites un pas,
* Ce moment vous dévoue à leur haine fatale.
* Tremblez, malheureux fils d’Atrée et de Tantale,
'*) Ces vers ont été placés dans la première fcène du fécond acte.