belles-lettres, qui ont fait de bonnes études, quiconnaiffent en même temps le génie de la languegrecque et celui de la nôtre, qui fans être lesadorateurs ferviles et aveugles des anciens, con-nailfent leurs beautés, les fentent et leur rendentjuftice; et qui joignent l’érudition à la fainecritique: je recufe tous les autres juges, commeincompétens.
Je ne cherche qu’à être utile; je ne veux faireni d’éloge ni de fatire. Le théâtre, que je regardecomme l’école de la jeunefle, mérite qu’on en parled’une manière plus férieufe et plus approfondiequ’on ne fait d’ordinaire dans tout ce qui s’écritpour et contre les pièces nouvelles, (a) Le publiceft las de tous ces écrits, qui font plutôt des libellesque des inftructions, et de tous ces jugemens dictéspar un efprit de cabale et d’ignorançe. Quiconqueofe porter un jugement doit le motiver, fans quoiil fe déclare lui-même indigne d’avoir un avis; jen’ai formé le mien qu’après avoir confulté les gensde lettres-les plus éclairés. C’eftce qui m’enhardità me nommer, afin de n’être pas confondu avec lesauteurs de tant d’écrits ténébreux, dont le moinsqu’on p'uilfe dire eft qu’ils font inutiles.
(a) Le père Rapin , dans fes Réflexions fur la Poétique, dit, aprèsÀnflote, que la tragédie eft une leçon publique, plus inftructive, fins* comparaifon, que la philofophie, parce qu’elle inUruit l’efprit par lesfens, et qu’elle rectifie les pafiïons par les pallions mêmes, en calmant,par leur énjotion, le trouble qu’elles excitent dans le cœur.
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