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DISSERTATION
à tout autre fentiment, à tout autre objet. Ladouleur de Chryfothemis , plus fage, plus modéréeque celle de fa fœur, fait un contraite adroit etcontinuel avec les emportemens d 'Electre. Lesfentimens y font par - tout convenables. La fcèneà’Electre et de Chryfothemis fait fortir le caractère dela première par la douceur de celui de fa fœur.Ifmène , dans la tragédie d’Antigone de Sophocle ,montre la même douceur par le même art, et pourfaire contralter le caractère des deux foeurs. Ifmèneet Chryfothemis ont la même compatîion et la mêmetendrelfe pour Antigone et pour Electre , pour Orejlcet pour Polynice : la feule différence elt qu’ Antigone ayant un peu moins de dureté qu Electre, Ifmènede fon côté a un peu plus de fermeté qu’ Antigone .
L’expofition produifait d’abord un fpectacle frap-pant etun très-grand intérêt. L’immenfité du théâtre,la magnificence artificieufe des décorations, quifuppofe nécelfairement une grande connaiffance dela perfpective, donnent lieu au gouverneur d ’OrcJlede lui faire obferver deux villes, une forêt, destemples, des places publiques et des palais. UnFrançais , peu verfé dans l’hiftoire et dans la litté-rature grecque, peut traiter les villes d’Argos et deIMycène, le bois de la fille d’Inachits, célèbre parles fables d’/o etd ’ Argus , le palais d ’ Ayamemnon , lestemples les plus renommés; il peut, dis-je, lestraiter d’objets peu intéreffans. Mais que ces objetsétaient frappans pour toute la Grèce ! que notrethéâtre eft éloigné d’en offrir de pareils ! Le reftedu difcours du gouverneur met le fpectateur aufait, en très-peu de mots, de l’hiftoire d’ Orejle et