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DISSERTATION
l’avoue, et je crois même que c’eftlaplus grandebeauté de la pièce. Cette {implicite irait au détrimentde l’intrigue, fi cette intrigue elle-même était autrechofe qu’un tableau continu. Sophocle , ajoutera-t-on,manque de certains traits délicats et finis que latragédie a pu acquérir avec le temps. Les penféesn’y font peut-être pas affez approfondies ni aifezvariées. Mais les Grecs, et Sophocle en particulierconnailfaientpeu ces faibles ornemens. Son pinceauhardi peignait tout à grands traits. Il 11e s’embar-raffait que d’arriver au but.
Ou apporte les cendres d 'Orcjle, qu’on dit avoirété tué aux jeux Pythiens, dont on fait une très-longue defeription, qui appartient plus à l’épopéequ’à la tragédie. Ce récit ne forme pas d’ailleursde nœud affez intrigué. Il ne met point le hérosauquel on s’intéreffe en un danger réel ; il ne produitni pitié ni terreur, du moins chez, un peuple débar-raffé du préjugé aveugle où vivaient les anciens,que ces bruits de mort étaient du plus fmiftrepréfage.Mais ce même préjugé fefait que les Grecs n’encraignaient que plus pour Orcjle ,• et cette crainteétait, fi forte qu’elle fufpendait tous les mouvemensprécédens de terreur et de compaffion. Quoiquece bruit de mort mette ce héros dans le plus granddanger de perdre la vie, Orejlc foule aux piedscette crainte, parce que le but de la tragédie eftd’empêcher de craindre avec trop de faiblelfe desdifgraces communes. Sophocle ménage la crainte desfpectateurs, en fefant méprifer par Orcjle ce mauvaispréfage. La crainte du héros fe porte toute entièrefur l’obéiffance aveugle qu'on doit aux oracles.