SUR L’ELECTRE UE SOPHOCLE. 123
D’ailleurs on a toujours excufé cette defcriptionépifodiqueparle goût décidé, par la paillon furieufeque toute la nation grecque avait pour ces jeux.En effet c’était un des endroits de la pièce desplus applaudis. On paffait à Sophocle l’anachronifmeformel en faveur de la beauté de ce morceau,et de l’intérêt qu’on prenait à cette magnifiquedefcription.
On dira peut-être encore que le gouverneurd ’Orcftc était bien hardi de débiter aune grande reineune fable dont elle pouvait d’un moment à l’autrereconnaître la fauffeté. Toute la Grèce accouraitaux jeux Pythiens. N’y avait-il aucun habitant deMycène ou d’Argos qui y eût alïifté? Celan’eft pasprobable. Perfonne n’en était - il encore revenuquand le gouverneur fefait ce récit, ou quelqu’un nepouvait-il pas en arriver dans le moment même? Lareine pouvait en un inftant découvrir l’impofture.
Cette objection tombe d’elle-même, pour peuque l’on faffe réflexion que l’action qui ne dure quequatre heures, ou le temps de la repréfentation,eft fi preffée, que Clytemnejlre et Egifthc font tuésavant qu’ils aient le temps d’être détrompés ; et,encore un coup, le plaifir que ce morceau fefait àtoute la nation, la beauté, la fublimité du ftyledans lequel il eft écrit, l’emportèrent fur toutes lescritiques.
Je ne faurais difconvenir que Sophocle , ainfiqu 'Euripide , ne devaient pas faire de Pylade unperfonnage muet. Ils fe font privés par-là degrandes beautés.
N’eft-ce pas encore un défaut qu Egi/the ne parai ffe