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DISSERTATION
étaient conftatés, et comme confacrés dans lestragédies d’ Efchgle , de Sophocle et d’ Euripide , parceque les caractères étaient conftatés chez les anciens.Ils ne s’écartaient jamais de l’opinion reçue : SitMcdcaferox invictaquc etc. Electre 11e pouvait pas plusêtre amoureufe que Pc jxène et Iphigénie ne pouvaientêtre coquettes, Médéc douce et compatiffante,Antigone faible et timide. Les fentimens étaienttoujours conformes aux perfonnages et aux fitùations.Un mot de tendreffe .dans la bouche d’Electre auraitfait tomber la plus belle pièce du monde, parce quece mot aurait été contre le caractère diftinctif et lafituation terrible de la fille dAgamcmnon, qui nedoit refpirer que la vengeance.
Que dirait-on, parminous, d’un poète qui feraitagir et parler Louis XII comme un tyran, Henri IV comme un lâche, Charlemagne comme un imbécille,S‘ Louis comme un impie? Quelque belle que lapièce fût d’ailleurs, je doute que le parterre eût lapatience d’écouter jufqu’au bout. Pourquoi Electre ,amoureufe, aurait-elle eu un meilleur fuccès àAthènes ?
Les fentimens doucereux, les intrigues amoureufes,les tranfports de jalotifie , les fermens indiferets des’aimer toute la vie malgré les dieux et les hommes,tout ce verbiage langoureux, qui déshonore fouventnotre théâtre, était inconnu des Grecs. La correctiondes mœurs était le but principal de leur théâtre.Pour y réuflir, ils voulurent monter à la fource detoutes les pallions et de tous les fentimens. Loin de' rencontrer l’amour fur leur route, ils y trouvèrentla terreur et la compaffion. Ces deux fentimens leur