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Tome quatrième
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SUR LELECTRE DE SOPHOCLE . 135

injuftice de plaindre ceux qui méritent dêtremiférables , de sattendrir fur les malheurs quiarrivent aux tyrans, aux traîtres, aux parricides, auxfacriléges, à ceux, en un mot, qui ont tranfgreffétoutes les règles de la juftice. On ne doit les plaindreque davoir commis les crimes qui leur ont attiréla punition et les tourmens quils fubiffent. Maiscette pitié même ne fait que guérir lame de cettevile compaffion qui peut lamollir, et de ces vainesterreurs qui la troublent.

Ceft ainfi qiie le théâtre grec tendait à la correc-tion des mœurs par la terreur et par la compaffion,fans le fecours de la galanterie. Cétait de ces deuxfentimens que nailfaient les penfées fublimes , etles expreffions énergiques que nous admirons dansleurs tragédies , et auxquelles nous ne fubftituonsque trop fouvent des fadeurs, de jolis riens, etdes épigrammes.

Je demande à tout homme raifonnable , dansun fujet auffi terrible que celui de la vengeance dela mort dAgamemnoti , que peut produire lamourdElectre et dOrcJle qui ne foit infiniment au-deffousde lart de Sophocle ? Il eft bien queftion ici de décla-rations damour, dintrigues de ruelle, de combatsentre lamour et la vengeance. Loin délever lame,ces faibles reffources ne feraient que lavilir. Il eneft de même de prefque tous les grands fujetstraités par les Grecs. Lauteur dOedipe convientlui-même, et cet aveu lui fait infiniment dhonneur,que lamour de JocaJle et de Philoctcte , quil naintroduit que malgré lui, déroge à la grandeur defon fujet. La nouvelle tragédie de Phiioctète neût

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