malheurs ; Orejle , amoureux de la fille de ce mêmeEyifthe bourreau de toute fa famille, ravilfeur defa couronne, et qui ne cherche qu’à lui ôter lavie, auraient l’un et l’autre échoué fur le théâtred’Athènes . Ce double amour aurait eu néceffaire-ment le plus mauvais fuccès. Vainement on auraitdit en faveur du poète que plus Electre eft malheu-reufe , plus elle eft aifée à attendrir ; le peupled’Athènes aurait répondu que plus Orefic et Electrefont malheureux , moins ils font fufceptibles d’unamour puéril et infenfé ; qu’ils font trop occupésde leurs infortunes et de leur vengeance, pours’amufer à lier une partie quarrée avec les deuxenfans du bourreau d ’Agamemnon , et de leur plusimplacable ennemi. Ces amans tranfis auraient faithorreur à toute la Grèce , et le peuple aurait prononcéfur le champ contre une fable auffi abfurde et auffidéshonorante pour le deftructeur de Troye et pouftoute la nation.
Cette courte analyfe des deux pièces rivalesde l’Electre de Sophocle fuffit pour faire connaîtrecombien celle-ci eft préférable aux deux autres,par rapport à la fable, () et par rapportaux mœurs. (h&>l}
Mais le principal mérite de Sophocle , celui qui lui aacquis l’eftime et les éloges de fes contemporains etdes fiècles fuivans jufqu’au nôtre, celui qui les luiprocurera tant que les lettres grecques fubfifteront,c’eft la nobleffe et l’harmonie de fa diction.{Xzhç ) Quoiqu’ Euripide l’emporte quelquefois furlui par la beauté des penfées, (âittrCïzt) Sophocle eftau-deffus de lui par la grandeur, par la majefté,