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DISSERTATION
par la pureté du ftyle, et par l’harmonie. C’eft ceque le favant et judicieux abbé Dubos appelle lapoéfie de ftyle. C’eft elle qui a fait donner à Sophocle le furnom à'Abeille , c’eft elle qui lui a fait remportervingt-trois victoires fur tous les poètes de fon temps.Le dernier de fes triomphes lui coûta la vie, parla furprife et par la joie imprévue qu’il en eut; deforte qu’on peut dire de lui qu’il eft mort dans lefein de la victoire.
Les termes pittorefques, et cette imagination dansl’expreffion, fans laquelle le vers tombe en langueur,foutiendront Homcrc et Sophocle dans tous les temps,et charmeront toujours les amateurs de la languedans laquelle ces grands hommes ont écrit, [d] Cemérite fi rare de la beauté de l’élocution eft, félonQuintilicn , comme une muftque harmonieufe quicharme les oreilles délicates. Un poëme aurait beauêtre parfait d’ailleurs, et conduit félon toutes lesrègles de l’art, il ne fera lu de perfonne, s’il manquede ce mérite, et s’il pèche par l’élocution. Cela eftfi vrai qu’il n’y a jamais eu dans aucune langue,et chez aucun peuple, de poëme mal écrit, quijouiffe de la moindre eftime permanente et durable.C’eft ce qui a fait entièrement oublier l’Electre deLongcpicrrc, et celles dont j’ai parlé ci-deffus. C’eftce qui a fait univerfellement rejeter parmi nous laPucelle de Chapelain , et le poëme de Clovis deDefmarets.
,, Ce font deux poèmes épiques,,, ajoute M. l’abbéDubos , ,, dont la conftitution e.t les mœurs valent
(<f) Gratis ingenium , Graiis dédit orc rotundoMufa loqui. Hor. de Art. Poct.