SUR LA TRAGEDIE D’ORESTE. 141
et Euripide leur donnent; il n’en a retranché quedes expreffions trop dures félon nos mœurs. Mêmeréfolution dans les deux Electres de poignarder letyran, même douleur en apprenant la fauffe nou-velle de la mort d ’OreJle, mêmes menaces, mêmesemportemens dans l’une et dans l’autre, mêmesdéfirs de vengeance.
Mais il n’a pas voulu repréfenter Electre étendantfa vengeance fur fa propre mère, fe chargeantd’abord du foin de fe défaire de Clytemneflre , enfuiteexcitant fon frère à cette action déteftable, etconduifant fa main dans le fein maternel. 11 les arendu plus refpectueux pour celle qui leur a donnéla naillance, et il a même femé dans le rôle $ Electre,tantôt des fentimens de tendreffe et de refpect, ettantôt des emportemens, félon qu’elle a plus oumoins d’efpérance.
Les rôles de Pylade et de Pammène me paraiffentavoir été faits pour fuppléer aux chœurs de Sophocle .On fait les effets prodigieux que fefaient ces chœursaccompagnés de mufique et de danfe : à en jugerpar ces effets, la mufiquè devait merveilleufementféconder et augmenter le terrible et le pathétiquedes vers. La danfe des anciens était peut-êtrefupérieure à leur mufique ; elle exprimait, ellepeignait les penfées les plus fublimes et les pallionsles plus violentes. Elle parlait aux cœurs commeaux yeux. Le chœur des Euménides d ’Efchyle coûtala vie à plufieurs des fpectateurs. Quant austparoles des chœurs, elles n’étaient qu’un tiffu depenfées fublimes, de principes d’équité, de vertuset de la morale la plus épurée. Le nouvel auteur
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