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Tome quatrième
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D I S S' E 11 T A T I O N

quelle crie à fon frère , dans le moment de lacataftrophe, la juftifie :

. . . . Achève, et fois inexorabl'e ;

Venge-nous, venge-la ( Clytemneftre ) tranche un nœudfi coupable :

Frappe, immole à fes pieds cet infâme aflafiln.

Je ne comprends pas comment la même nationqui voit tous les jours fans horreur le dénouementde Rodoÿune, et qui a fouffert celui de Thyejlt etdAtre'e, pourrait défapptouver le tableau que for-merait cette cataftrophe. Rien de moins conféquent.Latrocité du fpectacle dun père qui voit fur lethéâtre même le fang de fon propre fils innocentet maffacré par un frère barbare, doit caufer infini-ment plus dhorreur que le meurtre involpntaire etforcé dune femme coupable, meurtre ordonnédailleurs expreffément par les dieux.

Orejle eft certainement plus à plaindre danslauteur français que dans lathénien , et la Divinitéy eft plus ménagée. Elle y punit un crime par uncrime ; mais elle punit avec raifon Orejle qui adéfobéi. Ceft cette défobéiffance qui formeprécifément ce quil y a de plus touchant dans lapièce. Il neft parricide que pour avoir trop écoutéavec fa fœur la voix de la nature, il neft malheureuxque pour avoir été tendre : il infpire ainfi la compaf-fxon et la terreur ; mais il les infpire épurées et dignesde toute la majefté du poème dramatique : ce neftpoint ici une crainte ridicule qui diminue la fermetéde lame, ce neft point une compaffion mal entendue