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DISSERTATION
l’a fait. On y trouvera un grand nombre de penféestirées de Sophocle : cela était inévitable, et d’ailleurson ne pouvait mieux faire. J’en ai reconnu plufieurstirées ou imitées d 'Euripide , qui ne me paraiffentpas moins belles dans l’auteur français que dans legrec même. Telles font ces penfées de Clytcnmejlre :
Vous pleurez dans les fers, et moi dans ma grandeur.Vous frappez une mère, et je l’ai mérité.
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yciîp'jô Tl, TiXVOV, Toïç èiOQCtptlvûlç ifJLOI. . . .
Et celle-ci à' Electre, qui a été fi applaudie :
Qui pourrait de ces dieux encenfer les autels ,
S’ils voyaient fans pitié les malheurs des mortels,
Si le crime infolent dans fon heureufe ivrefleEcrafait à loilir l’innocente faiblelTe?
névroiS-ct n , ij %o>3 pr^lô' qyiï&cii 3-tovç,
É< t aSiK TrjÇ iïîxyç ù'zriÇTifia.
Les anciens avaient pour maxime de ne faire desacteurs fubalternes, même de ceux qui contribuaientà la cataftrophe r que des perfonnages muets , cequi valait infiniment mieux que les dialoguesinfipides qu’on met de nos jours dans la bouchede deux ou trois confidens dans la même pièce.On ne trouve point dans la tragédie d’Orefte deces perfonnages oififs qui ne font qu’écouter desconfidences; et plût au ciel que le goût en paffàt!Sophocle et Euripide ont mieux aimé ne point faireparler Pylade que de lui faire dire des chofesinutiles. Dans la nouvelle pièce, tous les rôles fontintérelfans et nécefiaircs.