SUR LA TRAGEDIE D’ORESTE. 155
TROISIEME PARTIE.
Des défauts oh tombent ceux qui s’écartent desanciens, dans les fujets qu’ils ont traités. .
Plus mon zèle pour 1,’antiquité, et mon eftimefincère pour ceux qui en ont fait revivre les beautés,viennent d’éclater, plus la bienféance me preferitde modération et de retenue en parlant de ceux quis’en font écartés. Bien éloigné de vouloir faire decet écrit une fatire ni même une critique, je n’auraisjamais parlé de l’Electre de M. de Crébillon , fi jene m’y trouvais entraîné par mon fujet ; mais lestermes injurieux qu’il a mis dans la préface de cettepièce contre les anciens en général, et en particuliercontre Sophocle , ne permettent pas à un homme delettres de garder le filence. En effet, puifque M. deCrébillon traite de préjugé l’eftime qu’on a pourSophocle depuis près de trois mille ans ; puifqu’ildit en termes formels qu’il croit avoir mieux réuffique les trois tragiques grecs à rendre Electre tout-à-fait à plaindre ; puifqu’il ofe avancer que l’Electre de Sophocle a plus de férocité que de véritablegrandeur, et quelle a autant de défauts que lalienne ; n’eft-il pas même du devoir d’un homme delettres de prévenir contre cette invectivé ceux quipourraient s’y laiffer furprendre , et de dépofer enquelque façon à la poftérité qu’à la gloire de notrefiècle, il n’y a aucun homme de bon goût, aucun