E P I T R E.
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mérite de parler aux yeux; mais i’ofe être fur quele fublime et le touchant portent un coup beaucoupplus feniible, quand ils font foutenus d’un appareilconvenable, et qu’il faut frapper l’ame et les yeuxà la fois. Ce fera le partage des génies qui viendrontaprès nous. J’aurai du moins encouragé ceux quime feront oublier.
C’eft dans cet efprit, Madame, que je deflinaila faible efquiffe que je foumets à vos lumières. Jela crayonnai dès que je fus. que le théâtre de Paris était changé, et devenait un vrai fpectacle. Desjeunes gens de beaucoup de talent la repréfentèrentavec moi fur un petit théâtre que je lis faire à lacampagne. Quoique ce théâtre fût extrêmementétroit, les acteurs ne furent point gênés, tout futexécuté facilement ; ces boucliers, ces devifes, cesarmes qu’on fufpendait dans la lice, fefaient uneffet qui redoublait l’intérêt, parce que cette déco-ration , cette action devenait une partie de l’intrigue.Il eût fallu que la pièce eût joint à cet avantagecelui d’être écrite avec plus de chaleur , que j’eulfepu éviter les longs récits, que les vers euffent étéfaits avec plus de foin. Mais le temps où nous nousétions propofé de nous donner ce divertiffement,ne permettait pas de délai; la pièce fut faite etapprife en deux mois, (a)
Mes amis me mandent que les comédiens de Paris ne l’ont repréfentée que parce qu’il en couraitune grande quantité de copies infidelles. Il a doncfallu la laiffer paraître avec tous les défauts qüe jen’ai pu corriger. Mais ces défauts mêmeinftruirontceux qui voudront travailler dans le même goût. ( h )