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tancrede.
A mon polie attaché, j’avoûrai que j’ignoreCe qu’on a fait depuis dans ces murs que j’abhorre;On vous y perfécute, ils font affreux pour moi.TANCKEDE.
Cher ami, tout mon cœur s’abandonne à ta foi;Cours chez Aménaïde, et parais devant elle,
Dis-lui qu’un inconnu brûlant du plus beau zèlePour l’honneur de fon fang, pour fon augufte nom,Pour les profpérités de fa noble maifon,
Attaché dès l’enfance à fa mère, à fa race,
D’un entretien fecret lui demande la grâce.
a L d a M o N.
Seigneur, dans fa maifon j’eus toujours quelque accès.On y voit avec joie, on accueille, on honoreTous ceux qu’à votre nom le zèle attache encore.Plût au ciel qu’on eût vu le pur fang des FranqaisUni dans la Sicile au noble fang d’Argire !
Quel que foit le deflein, Seigneur, qui vous infpire,Puifque vous m’envoyez, je réponds du fuccès.
SCENE IL
TANCREDE, fes Ecuyers au fond.
TANCKEDE.
I L fera favorable ; et ce ciel qui me guide,
Ce ciel qui me ramène aux pieds d’Aménaïde,
Et qui dans tous les temps accorda fa faveurAu véritable amour, au véritable honneur,
Ce ciel qui m’a conduit dans les tentes du Maure,Parmi mes ennemis foutient ma caufe encore.