ACTE TROISIEME.
405
l
Toi qui vois le paffé, le préfent, l’avenir,
Tu lis feule en mon cœur, toi feule es équitable;
Des profanes humains la foule impitoyableParle et juge en aveugle, et condamne au hafard.
Chevaliers, Citoyens , vous tous qui avez partAu fanguinaire arrêt porté contre ma vie,
'Ce n’eft pas devant vous que je me juftifie:
Que ce ciel qui m’entend juge entre vous et moi.Organes odieux d’un jugement inique,
Oui, je vous outrageais, j’ai trahi votre loi;
Je l’avais en horreur, elle était tyrannique.
Oui, j’offenfais un père, il a forcé mes vœux,J’offenfais Orbaffan, qui, fier et rigoureux,
Prétendait fur mon ame une injufte puiflance.
Citoyens, fi la mort eft due à mon offenfe,
Frappez ; mais écoutez , fâchez tout mon malheur.
Qui va répondre à Dieu parle aux hommes fans peur. (3)Et vous , mon père , et vous, témoin de mon fupplice,Qui ne deviez pas l’être, et de qui la juftice( appercevant Tancrède. )
Aurait pu... Ciel ! ô Ciel ! qui vois - je à fes côtés ?
Eft - ce lui ?.. . je meurs.
( elle tombe évanouie entre les gardes .)TANCREDE.
Ah ! ma feule préfence
Eft pour elle un reproche ! il n’importe .... arrêtez,Miniftres de la mort, fufpendez la vengeance ;
Arrêtez, Citoyens, j’entreprends fa défenfe,
Je fuis fon chevalier. Ce père infortuné,
Prêt à mourir comme elle , et non moins condamne,Daigne avouer mon bras propice à l’innocence.
Que la feule valeur rende ici des arrêts,
Ce ?