ACTE QUATRIEME. 419
Oue nous étions ingrats! que nous étions tyrans!
A M E N A ï D E.
Je puis me plaindre à vous, je le fais.... mais, mon père,Votre vertu fe fait des reproches fi grands,
Que mon cœur défolé tremble de vous en faire.
Je les dois à Tancrède.
A K G I R E.
A lui par qui je vis,
A qui je dois tes jours ?
A M E N A ï D E.
Ils font' trop avilis ;
Ils font trop malheureux. C’eft en vous que j’efpère;Réparez, tant d’horreurs et tant de cruauté ;
Ah! rendez-moi l’honneur que vous m’avez ôté.
Le vainqueur d’Orbalfan n’a fauvé que ma vie;
Venez, que votre voix parle et me juftifie.
A R G I R E.
Sans doute, je le dois.
A Al E N A ï D E.
Je vole fur vos pas.
A R G I R E.
Demeure.
A Al E N A ï D E.
Moi refter! je vous fuis aux combats.
J’ai vu la mort de près, et je l’ai vue horrible ;Croyez qu’aux champsd’honneurelleeft bien moins terribleQu’à l’indigne échafaud où vous me conduifiez.Seigneur, il n’eft plus temps que vous me refufiez ;J’ai quelques droits fur vous, mon malheur me les donne.Faudra-t-il que deux fois mon père m’abandonne?
A R G I R E.
Ma fille, je n’ai plus d’autorité fur toi;
D d s