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ACTE CINQUIEME.
Hélas ! j’accufe en vain mon âge qui me glace.
O vous, de qui la force eft égale à l’audace,
Vous qui du faix des ans n’êtes point affaiblis,Courez tous, diflipez ma crainte impatiente,
Courez, rendez Tancrède à ma fille innocente.
L O R E D A N.
C’eft nous en dire trop, le temps eft cher, volons,Secourons fa valeur qui devient imprudente,
Et cet emportement que nous défapprouvons.
SCENE III.
«
ARGIRE, AMENAIDE.
A R G I R E.
O Ciel ! tu prends pitié d’un père qui t’adore ;
Tu m’as rendu ma fille, et tu me rends encoreL’heureux libérateur qui nous a tous vengés.
( Amcnaide entre. )
Ma fille, un jufte efpoir dans nos cœurs doit renaître.J’ai caufé tes malheurs, je les ai partagés ;
Je les termine enfin: Tancrède va paraître.
Ne puis-je confoler tes elprits affligés?
A M E N A ï D E.
Je me confolerai quand je verrai Tancrède,
Quand ce fatal objet de l’horreur qui m’obfèdcAura plus de juftice, et fera fans danger;
Quand j’apprendrai de vous qu’il vit fans m’outrager;
Et lorfque fes remords expîront mes injures.