,, vous n’avez que peu de temps à vivre ; cet enfant doit faire votre„ confolation. Si un étranger et un fcélérat comme Jchu , Melk de,, Samarie , aflaffina votre père et votre mère; s'il fit égorger foixante,, et dix fils de vos frères, et quarante-deux de vos enfans , il n’eft pas,, poffible que pour vous venger de cet abominable étranger, vous,, prétendiez maffacrer le feul petit-fils qui vous rcfte : vous n’êtes pas,, capable d’une démence fi exécrable et fi abfurde ; ni mon mari ni,, moi ne pouvons avoir la fureur infenfée de vous en foupqonner ; ni un,, tel crime ni un tel foupçon ne font dans la nature. Au contraire,, on élève fes petits-fils pour avoir un jour en eux des vengeurs. Ni,, moi ni perfonne ne pouvons croire que vous ayez été à la fois,, dénaturée et infenfée. Elevez donc le petit Joas , j’en aurai foin,,, moi qui fuis fa tante, fous les yeux de fa grand’mère. „
Voilà qui eft naturel, voilà qui eft raifonnable mais ce qui ne l’eftpeut-être pas, c’eft qu’un prêtre dife : j’aime mieux expofer le petitenfant à périr que de le confier à fa graud’mère ; j’aime mieux tromperma reine, et lui promettre indignement de l’argent pour rafiaffiner, etrifquer la vie de tous les lévites par cette confpiration, que de rendreà la reine fon petit-fils ; je veux garder cet enfant , et égorger fagrand’mère, pour conferver plus long-temps mon autorité : c’eft - là aufond la conduite de ce prêtre.
[”* J’admire, comme je le dois, la difficulté furmontée dans la tragédie(VAthalie, la force, la pompe , l’élégance de la verfification, le beaucontrafte du guerrier Abner et du prêtre Mathan . J'excufe la faibleffedu rôle de Jo^abeth > j’excufe quelques longueurs ; mais je crois quefi un roi avait dans fes Etats un homme tel que Joad , il ferait fortbien de l’enfermer.
(g) Il ferait à fouhaiter que cette fcène pût être repréfentée dans laplace qui conduit au périftile du temple , mais alors cette place occupantun grand efpace, le veftibule un autre, et l’intérieur du temple ayantline aflèz grande profondeur , les perfonnages qui paraiflent dans cetemple ne pourraient être entendus : il faut donc que le fpectateurfupplée à la décoration qui manque.
On a balancé long-temps fi on laifferait l’idée de ce combat fubfifter,ou fi on la retrancherait. On s’eft déterminé à la conferver , parcequ’elle paraît convenir aux mœurs des perfonnages, à la pièce qui efttoute en fpectacles, et que l’Hiérophante femble y foutenir la dignitéde fon caractère. Les duels font plus fréquens dans l’antiquité qu’onne penfe. Le premier combat dans Homère eft un duel à la tête desdeux armées , qui le regardent, et qui font oifives ; et c’eft précifcmentce que propofe Cajfandre .
(h ) Le fuicide eft une chofe très-commune fur la fcène françaife. Iln’eft pas à craindre que ces exemples foient imités par les fpectateurs.