| Br fuyant des grandeurs la pre
SATIRE IL 23
Ma Muſe au moins fouffroir une froide epithète:
de ferois comme un autre;& fans chercher fi loin
Laurois tofjours des mors, pour les coudre au. befoin.
Si je loüois Philis, En miracles feconde,
€ ttouverois bientoſt, A nulle Autre feconde,
Si je voulois vanter un objer Nompareil;
S mettrois à l’infrant, Plus beau que le Soleil.Enfin parlant toûjours d Aſtres& de Merveilles:De Chef d'œuvres des Cieux, de Beautez fans
pareilles,
Âvec tous ces beaux mots fouvent mis an haz ard.
£ pourrois aiſement, fans genie,& fans art,Et tranſpoſant cent fois& le Nom& le Verbe z
ans mes vers recouſus mettre en pieces Malher-E.
. mon eſprit tremblant für le choix de fes mots,
ra jamais un, Sil ne tombe à propos:Et ne fçauroit fouffrir, qu’une phrate infipideVienne à la fin d’un vers remplir la place vuide,Ainfi, recommençant un ouvrage vingt foisSi j'écris quatre mots, j'en effacerai trois.;Maudit foit le premier dont la verye jufenſceDans les bornes d’un vers renferma fa penfée àEt donnant à fes mots une étroite prifon,Voulut avec la Rime enchaîner la Raifon.Sans ce métier fatal au repos de ma vie,.Mes jours pleins de loiſir couleroient fans envie A€ n'aurois qu’à chanter, rite boire d'autantEt comme un gras Chanoine A mon aile,& csn-tent,Paſſe tranquillement, fans fouci, fans affaire.La nuit bien dormir,& le jour à rien faire,Mon cœur exempt de foins, libre de paſſion,Sçait donner une borne à fon ambition,lenge importune,€ ne vais point au Louvre adorer ja Fortune:Er je ſerois heureux, fi pour me confumer,Un Deſtin envieux ne m’avoit fait rimer.M is depuis le moment que cetce frenefie,De les noires vapeurs troubla ma Fantaifie;tqu’un Demon jaloux de mont contentement;