27 SATIRE IL
M'infpira le deſſein d'écrire poliment:
T ous les jours malgré moy» cloüé fur un Ouvrage;|
etouchant un endroit, ẽffagant une page,Enfin paffant ma vie en ce trifte métier;l’envie en écrivant le for: de Pelletier.
Bien heureux Scuderi! dont la fertile plume?Peut tous Jes mois fans peine enfanter un volumesTes écrits; il eſt vray, fans art& l'anguiffans ySemblent eftre formez en dépit du bon lens:Mais il trouvent pourtant, quoy qu'on en puilfe
ire,
Un Marchand pour les vendre,& des Sots pour
les lire.Et quand la rime enfin fe trouve au bout du Vers;Qu'importe que le refte y ſoit mis de travers?Mal-heueux millefois celui, dont la manieVeut aux regles de l’Arr aſſervir fon genie:Un Sot en écrivant fait tour avec plaifir:Ii n’a point en fes vers Pembarras de choifir:Et toûjours amoureux de ce qu’il vient d'écrire àRavi d’étonnement, en foi-même il s’admire.:‘Mais un efprit fublime, en vain veut s’élevetA ce degré parfait qu’il râche de trouver;Et toñjours mecontent de ce qu’il vient de faire,JI plait à tour le monde,& ne fçauroit ſe plaireEr tel, dont en tous lieux chacun vante Felprit,Voudroit pour fon repos n'avoir jamais grit,
Toi donc qui vois les maux où Ma Mufe s’abîme,De grace, enfeigne moy l'Art de trouver la Kimme:Ou, puifqu’enfin tes toins y feroient ſuperflus,@doliere, enſeigae moy Ft de ne rimer plus,
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