26 SATIRE III.
Vous eftes un brave homme: Entrez, On vous ate
tend,À ces mots, mais trop tard, reconnoiſſant ma lfau-tes:Je le{ins en tremblant dans une chambre haute,Où, malgré les volets, le Soleil irritéFe it Un poëfle ardent, au milieu de l’Efté,Le couvert eltoit mis dans ce lieu de plaiſange:Où j’ay trouvé d’abord, pour toute connoiffance yDeux nobes Campagnards, grands lecteurs de Ra-mans,Qui m'ont dit tout Cirus, dans leurs longs compli-mens,Jenrageois. Cependant on apporte un potage.Un Coq y paroiſſoit en pompeur équipage»Qui changeant{ur ce plat& d’eftat& de nom,Par tous les Convicz Seſt appellé Chappon.Deux aſſiettes(uivoient, dont l’une eftoit ornéeDune langue en ragoult de perfi! couronnée:zur te d'un godiveau tout brûlé par dehors,»Dont un beure gluant inondoit tous les bords-On s’affied:mais d'abord noſtre troupe terréeTFencit à Beine au tou! d'une table quarrée,Où chacun, malgré 10, l’un fur l’autre porté 9Faifoir un tour à gauche,& m-ngeoit de cofté»Tugez en cet eftat, fi je pouvois me plaire,Moi qui ne conte rien ni le vin, ni la chêre:
Si l’on n'elt plus au large alis cn an Feitin y.Qu’aux Sermons de Caflaigne, on de l'Abbé Cotin.Noſtre Holte cependant s’adreflant à la troupe:Que vous lemble, a-t-il dit, du gouſt de certe ſou-
pe?Sentez vous le citron dont on a mis le jus,.Avec des launes d’œuf meflez dans du verins2Ma foi, vive Mig'ot,& tout ce qu’il appreite.Les cheveux cependant me drefloient à la tefte€Car Mignor, c'elt tout dire,& dans ie monde en-tier,Jamais empoifonneur ne ſceut Mieux fon métier.J'approuvois tour pourtant de la mine& du gelte,Pe, fant qu’au moins le vin düſt reparer le relte.;Pour m'en éclaircir donc. J'en demande. Er d'abord.Un Laquais cfronté m'appotte un rouge bord,