28 SATIRE FIL
Et nos pigeons Cauchois, en fuperbe ramiers£Bt pour flater noſtre Hofte, obſe rvant fon vifage;ompofer fur fes yeux, ſon geſte& fon langage,I noftre Hofte charmé,m'avifant fur ce point?vous donc, dit il, que vous ne mangezpoint? N öTe vous trouve aujourd’hui l’ame toute inquiette,Er les morceaux entiers reſt ent fur voſtre afliette.Aimez-vous la muſcade? an en a mis par toutAh! Monfieur, ces poulets font d'un merveilleuxgouſt.Ces pigeons font dodus, mangez fur ma parole.J'aime à voir aux lapins certe chair blanche& mol=-le.Ka foi, tout eſt paſſable, il fe faut confeſſer;Et Mignor aujourd'hui sſeſt voulu ſur paſſer.Quand on parle de fauce il faut qu’on y raffine,Pour moy, j'aime fur tout que le poivre y domi-ne:Lien fuis fourni, Dieu fçait,& jay cout PelletierRole dans mon office en corners de papier.A tous ces beaux difcours p’eftois comme une pierre:Qu'comme la Sratüe eftau feſtin de Fierre;Er fans dire un feul mor, j'ivalois au hazard,Quelque aîle de poulet> dont j arrachois le lard.“Cependant mon Hableur, avec une voix haute,Porte à mes Campagnards la fanté de noſtre Hotte:Qui tous deux pleins de joie en jetrant un grandcri,.Avec un rouge bord acceptent fon deff.Un fi galant exploit reveillant tout le monde,“On a porté par tout des verres à la ronde,à les doigts des Laquais dans la craſſe tracezeat par écrit qu’on les avoit rincez.es Conviez d’un ton melancholique,Lamentant tuitement une chanfon Bachique;Tous mes Sots à la fois ravis de Fecguter,Détonnant de concert, fe mertent à chanter,za Mufique fans doute cftoit rare& charmante:L'un traîne en longs fredons une voix glabiſſaute.Et l’autre l'appuiant de fon aigre faufler,Semble un violon faux qui jure fous l’archetsSur ce point un jambon d’aflez maigre aparence»
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